_________dictionnaire céline

L'objectif de ce travail est de restituer l'ensemble des usages de la langue de Céline à partir de son lexique. Il a également pour but de tisser un réseau de réferences en matière de critique célinienne quand celle-ci s'interroge sur la langue. La présente version ce projet n'en est qu'à son début. Elle sera complétée le plus régulièrement possible. Bientôt, un moteur de recherche permettra d'accéder directement à la définition d'un mot et à ses occurrences.

Ce travail part du principe selon lequel on ne peut comprendre l'oeuvre de Céline que si l'on se penche sur les notions les plus évidentes de la lecture, à savoir la compréhension des mots qui forment une syntaxe elle-même particulière, au service d'un style qui souvent manie l'ellipse et le sous-entendu. Cette dimension de la lecture, évidente pour beaucoup, l'est moins pour ceux qui parlent une langue maternelle autre que le français. C'est essentiellement à eux qu'est destiné ce dictionnaire qui regroupe l'ensemble des néologismes et des termes argotiques les moins connus aujourd'hui.

Je me réfère, chaque fois que possible, à l'édition de la Pléiade, qui comprend à ce jour quatre volumes (on annonce un cinquième de correspondance pour dans quelques années). Il est bien entendu que le Vocabulaire populaire et argotique de Catherine ROUAYRENC de chaque volume, quoique lacunaire, constitue la référence principale. Toute reprise est indiquée comme telle. Autre ouvrage utile : le Dictionnaire du français non conventionnel paru chez Larousse, et dont Alain Rey est l'un des rédacteurs. Un travail systématique permettra, d'ici quelque temps, de multiplier les références aux études déjà publiées (notamment celles de A. Juilland, de l'Université de Stanford).

 

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A

 

ABIBOCHER (S') vb. pron.
 Néologisme formé à partir de rabibocher (réconcilier quelqu’un avec quelqu’un d’autre). Signifie dont se lier d'amitié. Le glossaire de la Pléiade indique qu'en emploi transitif, veut dire également 'mettre en état'.
‘Se mettre bien avec la mort, qu’elle leur fasse pas de mal à eux, leur cher ‘eux’, le moment venu… leur moment… s’abibocher avec elle !…’ FI, 11.
'Ça m'abiboche pour La Villette.' Pléiade IV, App. II, 616.
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ABÎMER vb. tr.
D'après le glossaire de la Pléiade IV, maltraiter quelqu'un en paroles.
 'Il m'a abîmé, hein ? Jules ?' FII, 183.
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ACHARNERIE n. f.
 Néologisme à partir de acharnement.
 'Une acharnerie d'intempérie! rarissime!' F1, 17.

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AC(C)RÉ interj.
 Attention ! Sans doute apocophe de sacré comme premier mot d'une interjection.
' [...] accré ! le mec se montre' N, 468.
' 'Acré !...' que je crie à Sosthène...' GB II, 324.
'Acré, filez doux !' Pléiade IV, App. III, 787. 

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ACROSTICHE n.m.
 Nom utilisé dans le sens de digression à partir de accroc, ou anicroche. Voir note Pléiade IV, 1223.
 'Je vais vous parler de Marc Empième ... encore une petite acrostiche!' F1, 20.

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AFFILE (D') loc. adv.
 D'affilé.
 'Trois mille deux cents places, plus un strapontin des dix mois d'affile...' Pléiade IV, App. III, 727.

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AFFRANCHI adj.
 Mis au courant. Voir affranchman.
 'C'était des mensonges, c'était de l'infecte injustice... Je le sentais nettement. Car j'étais affranchi! Ces salades puantes c'était pour que je bosse à l'œil!... Il profitait de mes parents.. Qu'ils pouvaient encore me nourrir.. Il dépréciait mon boulot pour me faire marner gratuitement.' MàC, 149 (Folio) 

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AFFRANCHIR vb. tr.
 Mettre au courant. 
'Je vais les affranchir un peu...' Pléiade IV, App. III, 727.
'Restif, il n'attendait que le moment, [...] pour nous affranchir' R, 804.
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AFFRANCHMAN n. m.
 Néologisme à partir de affranchi (mis au courant) avec suffixation empruntée à l'anglais : celui qui connaît le dessous des choses. Henri Godard, dans la lecture qu'il fait de Mort à Crédit, prend le terme 'affranchi' au pied de la lettre, alors que tout laisse à penser le sens demeure le même dans le différents textes. (Henri Godard commente Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline, Paris : Gallimard, coll. Foliothèque, 1996).
 Alors vous rierez pas : au fol! Affranchman!' F1, 18 (comprendre 'vous crierez pas : au fol! [mais au contraire] affranchman!') ;
'Et que ça se prétend affranchman !' GB I, 131.

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AFFUR n.m.
 Néologisme à partir de affaires. Entreprise rentable, qui produit des bénéfices. Par glissement, butin.
 'Ça fait que jouir et pleurnicher... tout afur ! jamais paumé !...' F2, 220.
'Et surtout adroit le nain aux cartes !... SOn vrai afur !' GB I, 246.
'Deux trois martingales j'en suis sûr, résistances, collabos, Vichy, tous les afurs, pensé à tout' Pléiade IV, App. III, 705.
' [...] rapines des démons à cuirasses [...] l'afur de sept dynasties' DCL 113.

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AFURER vb.
 Néologisme à partir de affur, lui même formé à partir de affaires.
1. Vb. transitif : préparer, organiser..
 '- Toi, cher Ferdinand, viens ! écoute ! / Je me méfie... qu'est qu'il m'afure ?' FII, 465.
'Ils affurent un vilain coup' GBII, 623.
2. Vb tr. et pron. : se procurer.
'On avait affurer ce dingue, tout ce matériel' GBII, 644.
'Fallait que je m'affure quelque chose !...' GBII, 568.
3. Affurer quelqu'un sur quelque chose : diriger quelqu'un sur une affaire.
'Il m'affure sur un petit turbin' GBII, 493.

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AGAGA adj.
 Néologisme à partir de gaga. Gâteux.
 'Tout agaga comateux qu'il avait l'air' Pléiade IV, 646.

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 AGGRAVER vb. tr.
 Utilisé avec un double c.o.d. Augmenter.
 'Celui-là il m'aggrave la douleur!' F1, 35. 

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AGONIQUE n.m.

 Néologisme désignant une personne à l'agonie.
 'Plus que morfondus, suicidaires, à moi !... à la renourriture ! agoniques !...' F1, 69.
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pron.
 Orthographe francisée de I, je en anglais.
 ' 'Aï love you !'... que je lui crie !... c'est du Shakespeare !...' F1, 95.

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AIR (JOUER L') loc. vb.
Ellipse de jouer la fille de l'air. S'enfuir.
'Il ne s'agit pas [...] que nos demoiselles nous jouent l'air' N, 392.
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ALIBIGE, interject.
Néologisme partir de alibi, celui qui cherche de faux alibis pour se sortir d'une situation embarrassante.
'Faux-fuyeux! Trouilleux! Alibige! mauvaise foi! cochon!' F1, 36.
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ALOYAUX (COMPTER SES) loc. vb.
Risquer sa vie (Glossaire Pléiade III).
'Compter ses aloyaux au fond de toutes les sapes' GBI, 136.
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ALTRUERIE n.f.
Néologisme à partir de altruisme; avec influence certaine du verbe dynamique se ruer, qu'on retrouve un peu plus loin dans le paragraphe, et de tuer.
'Je suis parti par pure gentillesse, chevalerie atrurie voisine! vérité!, que personne soit cruxi pour moi!', F1, 45.
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AMOURERIE n.f.
 Néologisme, désigne l'acte amoureux, et plus particulièrement les bruits produits lors de celui-ci.
 'Plus le chœur des gourmets de la nuit qu'était couvert encore lui-même par la bacchanale animale, éventreries, égorgeries, amoureries de vingt-cinq zoos !' F1, 98.
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ANGLE (dans ‘fasciner d’angle’)
 Regarder de biais. Voir guigner
 ‘Ils me regardent de biais… les plus décidés sont gênés, là, au moment… ils sont complices. Ils ont l’âme bouchère… Je les fascine d’angle’ FI, 10.

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ANGLOSLANGUE n.m. 
Néologisme par association de anglo, de slang (argot en anglais), de slave et de langue.
'Bientôt vous pourrez plus râler en propre [en français]... faudra que vous empruntiez au volske, au syrioperse, à l'angloslangue.' F1, 119.
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ANGULEUX, adj.  
Peut-être pour anglais, ou plus vraisemblablement qui regarde de biais, qui n'est pas franc.
'Et troulecteurs de romans russes, filandieux, anguleux, mériqueux, plagieux, anti-vous ! vous dégueulerez vos trahisons !' F1, 81.
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ANU n.m.
Pour anus.
'La vérité !... plein dans les souvenirs de famille !... l'anu de maman si il ressemblait ?' F1, 116.
'- Dieu présent ! Dieu toi ! Cul ! Anu !... (...) vous deviendriez saint pour un rien... d'une goutte de sang de moins de trou anu !' F1, 117.
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APOLOCHE n.f.
Néologisme, déformation d'apologue. Le glossaire de la Pléiade indique que le mot apparaît plus souvent chez Céline sous la forme poloche. Histoire, et par glissement de sens, affaire.
'Mais tout le monde connaît l'apoloche, c'était à qui le ferait grimper' Pléiade IV, App. II, 645.
'T'as pas compris l'apoloche ?' GBII, 641.
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ARAMON n.m.
Vin ordinaire.
'Le vin blanc, l'aramon poisseux' Pléiade III, App. CP, 70.
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ARAVION, n.m.
Néologisme. Il faut se référer à la très bonne note de la Pléiade (IV, p.1245), que nous citons intégralement : 'Peut-être ne faut-il pas voir dans aravion du javanais. En effet, seule la séquence ar pourrait être considérée comme un infixe devenu préfixe. Or, les seuls infixes fréquents, qu'emploie d'ailleurs Céline, sont av et ag. A. Delvau dans son Dictionnaire de la langue verte (1866) signale bien que 'Les voleurs ont aussi leur javanais, qui consiste à donner des terminaisons en ar et en or, en al ou en em, de façon à défigurer les mots, soit français, soit d'argot en les agrandissant', mais ici ar serait préfixe et non suffixe. On pourrait évidemment arguer de l'inventivité de Céline qui ne recule pas devant le néologisme. Toutefois, il semble que l'on puissse y voir un mot-valise, combinant aréo et avion. Aréo est attesté par G. Esnault dans Le Poilu tel qu'il se parle (1919) comme un mot d'usage général de 1914 à 1917 pour désigner les avions.
'Quand la rage est dans les cieux (fallait entendre les aravavions!)' F1, 44.
' 'Des aravions de qui qu'ils sont ?...' ' F1, 148.
'Il voudrait (...) que les avions crèvent la Butte...' FII, 216.
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ARCAGNER vb. tr.
Néologisme à partir d'arcagnats, règles menstruelles, mettre en sang (glossaire de la Pléiade).
'Plumé, d'autres plumes ! le sang avec ! Bourlingué, arcagné, drossé' Pléiade IV, F1, 126.
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ARCAGNES n.f.pl.
Néologisme à partir d'arcagnats, règles menstruelles.
'T'aurais pas tout ce rouge-là goulu ! du foutre ? des arcagnes ? qu'est-ce que c'est ?' F1, 126.
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ARCHINU p.p adj.
 Complètement nu.
 'Vous êtes comme projeté archinu !' F1, 110.
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ARCHICROUNI adj.
 Néologisme à partir de crounir, mourir.
 'Que crouni, archicrouni, papyru, dans le fond de votre cercueil, vous vous soulèveriez du trou' Pléiade IV, App. IV, 882.

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 ARDOISER vb. tr.
 Néologisme sémantique à partir de ardoise, sur laquelle sont notées les comptes des clients dans les cafés. Faire les comptes.
 'J'en suis de l'Histoire, j'ardoise des horreurs !' F1, 43.
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ARLOQUES n.m.
 L'édition de la Pleiade IV (1427) consacre une note à ce néologisme à la construction incertaine : 'Le mot, qui est clairement lisible dans le manuscrit, pose problème. On peut y voir peut-être un dérivé d'arlequin, terme d'argot appary chez Vidocq en 1829 et qui désigne un ensemble d'aliments disparates, reliefs de grands restaurants, vendus au rabais ; après avoir été apocopé, arlequin aurait reçu le suffixe -oque que l'on trouve dans pédoque ou probloque'. Objets de rebus.
 " -J'en veux pas de ton ustencile ! Ils me foutent les arloques.' Pléiade IV, App. II, 655.
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ARNAQUIER n.m.
Néologisme, ou plutôt déformation de arnaqueur, sans doute sous l'influence de banquier, argentier,... Exploiteur.
'Les pires arnaquiers de la misère' GBI, 259.
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ARQUER vb. intr.
Argot. Marcher.
'Je vais arquer, je vais me remettre debout !...' FII, 431.
'Il arquait de biais comme un crabe' GBII, 351.
'Eux qui arquaient vaseux cloportes maintenant je les vois presque agiles' R, 878.
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ARRONDIR (POUVOIR SE) loc. vb.
D'après la Pléiade IV, signifie par métaphore se préparer inutilement. La note (1353) cite Chautard (La Vie étrange de l'argot), qui indique que l'expression évoque l'anus. En général employée avec pouvoir, pour indiquer le refus, comme dans tu peux courir.
'-Viens chierie !... viens ma douce amour ! Je peux me l'arrondir !... zébi !... elle trisse !' FII, 481.
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ARSOUILLE n.f.
Argot. Voyou.
'Harras verrait s'il revenait, sacré farceur [...] arsouille' N 495.
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ARSOU n.f.
Néologisme. Apocophe de arsouille. Crapule.
'Minute ! arsou !' FII, 302.
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ARTA interj.
Néologisme. Apocophe de artagada.
'Ceux qui savaient se sauvaient ! Arta !' F1, 140.
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ARTAGADA interj.
Le Vocabulaire populaire et argotique (IV) indique que ce néologisme vient probablement de tagada, 'en avant' qui, d'après le DFNC est formée à partir d'une onomatopée imitative du galop d'un cheval ou d'un roulement de tambour. Peut aussi désigner le postérieur.
'Pas lambinant je vous assure, poulopiers ! Artagada ! Artagada ! ' FI, 93.
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ARTICHER vb. tr.
Néologisme à partir d'artiche, porte-monnaie. Voler
'De penser qu'on m'artiche, je blêmis...' FII, 326.
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ARTIFLOT n.m.
Artilleur.
'Tiens, quelqu'un ! [...] un artilleur [...] notre artiflot' R 813, 814.
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ASPOUINER vb. tr.
Néologisme, sans doute à partir de jaspiner, parler (glossaire Pléiade IV).
'J'entends votre question... Nenni que j'aspouine!' F1, 40.
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ASSASSER vb. tr.
 Néologisme à partir de assassiner.
 'J'en ai connu au moins douze, des vierges merveilleuses et musclées, et des apollons de lycée qui voulaient m'avoir à l'extase, que je leur fasse toutes les privautés, la veille qu'on m'assasse' F1, 18.

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ASSASSINER (S') vb. pronominal.
 Néologisme signifiant logiquement se suicider.
 'Il se taillait dans la radiale à grands coups de fourchette... et puis il s'attaquait la cuisse sous la couverture... il s'assassinait... ' F1, 38. 

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ASTIBLOCHE n.m.
Néologisme. Asticot, utilisé dans le premier exemple comme terme péjoratif et affectif, sans doute en rapport avec le verbe asticoter, du moyen français dasticoter, parler l'allemand, de l'allemand dass dich Gott ! que Dieu te damne !, et signifiant taquiner quelqu'un jusqu'à l'énervement. Dans le second exemple, les asticots indique bien sûr le lieu où pourrissent les cadavres.
'La preuve n'est-ce pas les astibloches.' Pléiade VI, App. VI, 985.
' [...] encore longtemps après décès, ma mise très humble aux astibloches.
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AT(T)IGER vb. tr.
(Nous citons intégralement les entrées de la  Pléiade II, III et IV)
1. Sous forme participale, blessé, invalide.
'Je lui fais voir ma main moi aussi [...] qu'on est attigés tous les deux' GBII, 675.
'Des légionnaires, des coloniaux, tout ça attigés, banbans' Pléiade IV, App. IV, 906.
'Je remus plus... je gémis sous le tas... mes côtes ! pardon ! [...] et ma tête ?... y en a de plus attigés que moi... certes' FII,
2. Bousculer, malmener ; discréditer.
'Comment mes femmes ! [...] Ça m'atige maintenant ?' GBI, 135.
'Ça faisait une coquine d'impression, ça m'atigeait un peu plus' Pléiade IV, App. III, 787.
3. Exagérer.
'Ah ! là je ressaute !... il attige !' GBII, 423.
'Il attige' N 623.
4. Attirer, par contamination sémantique d'une autre acception d'attiger, accroître, par le signifié du paroxysme attirer qui se retrouve d'ailleurs dans le contexte.
'On en reparlera du charme de Jules !... charme criminel ! qu'il nous atige toutes les charges ! du fond du ciel !' FII, 210.
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ATOUT n. m.
 D'après la Pléiade IV, 'coup reçu'.
 'Vous sentez plus grand-chose après quinze, vingt atouts très durs...' F1, 49. 

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ATTELER vb tr.
D'après la Pléiade IV, 'faire travailler à son profit une ou plusieurs prostituées'.
'Il attelait à ma connaissance au moins douze souris' GBII, 435.
'Qu'il avait un certain condé pour ses manières avec les filles, qu'il en attelait par-ci par-là, ue sa femme était au courant.' Pléiade IV, App. II, 650.

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ATTOUCHERIE n.f.
Néologisme à partir de attouchement.
'Je les ferais avouer leurs compromis, leurs attoucheries !' F1, 89.
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AUBER n.m.
Argent.
'Il aurait pu se faire du pognon, lui pourtant affreux pour l'auber' GBI, 191.
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AUTOR (D') loc. adv.
Néologisme, abrègement de autorité, de sa propre initiative, sans hésiter, sans discussion.
'Sosthène d'autor déploie ses plans' GB II, 315.
‘Le môme il oserait pas me buter, là tout de go ! d’autor et plaff !’ F I, 7.
'Qu'il les insultait d'autor !...' F1, 144.
Hist. - 'Fonçons d'autor et d'achar' pour d'autorité et sans doute avec acharnement. Les deux formes sont employées depuis 1830 et le sont concurremment jusqu'aux années 1910 (DFNC).

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AVARO n.m.
 Néologisme. D'après la Pléiade IV, dérivé d'avarie avec suffixation en -o, signifiant difficulté.
 'Le livre qui vous réjuvène l'âme, boyaute le boyau ! poudroie les soucis !... humeurs, avaros ! avaries !...' F1, 111.
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AVARO n.m.
 Néologisme à partir de avarie, avec suffixation en -o. Du reste, avarie est cité juste après dans le passage ci-dessous.
 'Le livre qui vous réjuvène l'âme, boyaute le boyau ! poudroie les soucis !... humeurs, avaros ! avaries!...' F1, 111. 

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AVERSEUSE adj.
 Néologisme pour pluvieuse à partir de averse.
 'Une année averseuse unique', F1, 17.
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B

BABA n.m.
Argot.
1. Derrière.
'Vous prenez tout, vous, dans le baba !' FII, 309.
2. L'avoir dans le baba : être dupé.
'Ils l'ont dans le baba, les potes !... il sautera jamais !...' FII, 206.
*
 
BABOUILLI n.m.
Néologisme à partir de babiller, tenir des propos puérils, avec croisement possible de bafouillis (pour bafouillage) et de bouillie. Influence possible de babil, bavardage continuel, enfantin ou futile. A mettre en rapport avec la haine qu'entretenait Céline pour la sentimentalité.
'Plutôt vingt consultations qu'une visite sentimentale... La haine que j'ai du babouilli' FI, 18.  

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BADIGOINER vb. tr.
Néologisme. Le glossaire de la Pléiade IV nous informe qu'il s'agit d'un croisement de badigeonner et de badigoinces, lèvres. Ce dernier mot est utilisé par Rabelais. Cependant, il semble que des deux mots, ce soit le premier qui prédomine pour le sens.
'Ils s'en badigoinent les rectums' Pléiade IV, App. III, 830.
*
 
BAGOTIER n.m.
Argot. Celui qui fait des 'bagots', porteur occasionnel de bagage (DFNC), et par extension celui qui se déplace rapidement. Utilisé depuis la fin du XIXeme siècle.
'Lui le bagotier ! le coureur au motif comme pas !...' FI, 134.
*
 
BAGOTTE  (ETRE A LA)
Marche à pied.
'Reste couché, moi à la bagotte' Pléiade IV, App. IV, 898.
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BAGOTTER vb. intr.
Marcher.
'On bagottait depuis le matin' Pléiade IV, App. III, 692.
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BAHUTER vb.tr.
Néologisme apocope à partir de transbahuter, transporter. À noter que le bahut désigne au Moyen Âge un coffre où l'on rangeait ses vêtements. Par glissement, et à partir de l'idée de voyage, le mot a finit par signifier de son côté la notion de transport, de déplacement d'un lieu à l'autre.
'Pendant qu'ils me bahutent ! cahotent !' FI, 90.
'Vite la civière !... tout seul deux pas je croule... qu'ils me bahutent comme à la brouette !...' F1, 100.
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BAHUTERIE n.f.
Néologisme à partir de bahuter. Secousse.
'Ces bahuteries de mines... la Butte est plus qu'un cratère en pleine éruption !' FII, 189.
*
 
BALAN n.m.
Voir ballant.
*
 
BALAYETTE n.f.
Explusion, à partir du mouvement de l'objet expulsant la poussière.
'Ah ! ces balayettes... On tenait deux trois jours pas plus... on nous remerciait...' Pléiade IV, App. III, 701.
*
 
BALLANT (ou BALAN) n.m.
Régionalisme. Elan, oscillation. La note de la Pléiade IV (1346) indique que 'Céline emploie ballant avec le sens qu'a balan, terme régional attesté selon le Trésor de la langue française en Haute-Loire et dérivé de balancer. L'orthographe ballant s'explique par analogie avec le mot de français strandard ballant, 'balancement'. D'ailleurs, Céline utilise également la graphie balan, notamment dans FII, 258 et dans MaC, 961.'
'Il me charge !... il prend un ballant du pied ! il me shoote !' FII, 399.
*
 
BALLE n.f.
Abbréviation de peau de balle, c'est-à-dire rien.
'La façon qu'ils abîment votre oeuvre, la détestent, s'en torchent, comprennent balle' FII, 326.
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BALLON (FAIRE) loc.vb.
Etre privé de nourriture ; par extension, être privé d'une chose due (glossaire de la Pléiade IV).
' '- [...] J'ai fait ballon avec toi.' / Il y revenait sur sa dette' Pléiade IV, App. 655.
*
 
BALLOTTE n.f.
Néologisme à partir de ballotter. Actiond e basculer, de jeter comme un balot.
'On s'élancerait tous à l'assaut ! et à la ballotte !... au feu ! au feu !...' FII, 247.
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BALPEAU interj.
Verlan pour peau de balle : rien.
'Ils se tâtent... balpeau !' FII, 372.
'Je vous disais que c'était fini ! balpeau !... ça retombe plutôt pire !...' FII, 376.
*
 
BANBAN adj. m.
Boiteux.
'Invalide, banban...' Pléiade IV, 684.
*
 
BANQUEROQUE n.f.
Néologisme à partir de banqueroute et, sans doute, d'escroquer.
'Las ! je faille ! Banqueroque !Toute cette prison vaine !..' FI, 89.
*
 
BARADABOUM onom.
 Néologisme à partir de badaboum.
 Ce baradaboum! la charge à la cellule du chnoc!' F1, 36.
 

*

BARAGOUINERIE, n.f.
 Néologisme à partir de baragouin. Rappelons que ce mot est déjà le croisement de deux substantifs bretons (bara, pain, gwin, vin), et qu'il désignait une langue incompréhensible et surtout interdite aux élèves des écoles de la République.
 'Moi l'horreur des langues étrangères !... biaiseuses baragouineries infirmes !... C'est l'humiliation capitale !' F1, 84.
*
 
BARATE n.
 Néologisme à partir de barat, qui en ancien français signifie tromperie, marché frauduleux, propos mensongers. Le verbe est barater, puis résurgence au xxieme siècle sous la forme baratin (Dictionnaire du français conventionnel).
 'Juste les faits ! Pas de coups de barate !...' F1, 103.

*

 

BARBOUILLURE n.f.

Néologisme à partir de barbouiller, s'enduire d'une substance qui salit (DHLF).
'Ah ! barbouillure !... crapaud sur le flanc !' F1, 150.
*
 
BASCULER vb. tr.
 Désigne la mise en place des brimades imposées par les 'anciens' aux nouveaux soldats à leur arrivée, à partir du vocabulaire de la guillotine. La bascule permet de mettre le corps du condamné en position horizontale.
 'Ah, je me voyais rajeuni! le 'bleu' qu'on bascule!' F1, 35.
*
 
BÉER vb. intr.
 Au futur, pour rester bouche bée.
 'Vous en béerez demain !...' F1, 81. 

*

BELLEMENT adv.
'Je vous aurai bellement prévenu !...' F1, 111.
 

*

 BÉNOUSE n.m.
 Argot. Pantalon.
 'Ils lui tirent tous sur son bénouze !... me pisser dessus !...' F1, 94.
 

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BIAISEUSE n. et adj. f.
 Néologisme à partir de biaiser, qui n'est pas franche.
 'Moi l'horreur des langues étrangères !... biaiseuses baragouineries infirmes !... C'est l'humiliation capitale !' F1, 84.

*

 

BIBIBIBIBICI acronyme.
 Néologisme, transformation de BBC; voir BIBICI ; la multiplication de la syllabe rend ridicule le nom de cette station de radio faisant partie de la mythologie de la Résistance ; à noter qu'à travers elle, Céline dénonce les appels à la vengeance et au meurtre contre les forces nazies et leurs alliés.
 'Ah bibibibibici! the question! Une ordonnance? un baiser? un petit service!' F1, 24. 

*

BIBICI acronyme
Néologisme orthographié comme subst., à partir de BBC. Voir bibibibici.
'C'est du Bibici plus garce!' F1, 25. 

*

BIFTEKER vb. tr.
 Néologisme à partir de l'anglais bifteck, chair, et par extension prostituée : se faire le souteneur d'une prostituée.
 'Revenu à la vie naturelle il bifteckait deux trois cocottes...' F1, 74.
 

*

BIGLOUSEUR n.m.
 De ‘bigler’, c'est-à-dire regarder avec curiosité ou envie (Gd usuel Larousse).
 ‘La tragédie je vais vous dire je devrais déjà être assez loin… en Laponie… au Portugal… dès les premières visites ‘voyeuses’… les premiers biglouseurs de biais…’ FI, 10.
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BIGNOLE ou BIGNOLLE adj. et nom.
Argot (l'orthographe bignole est plus courante chez Céline, surtout dans Mort à Crédit) à partir de bigner, 'regarder en dessous, espionner' (DFNC). Femme concierge.
Adj. :'C'est un peu tous les ateliers.. ça sort, ça rentre... c'est mouche, c'est bignolle... c'est au ragot, c'est à la fesse, c'est à la fiche...' F1, 129.
Nom : 'Toujours plein de curieux à ses fenêtres... bobines, massacres, pipes, demi-lopes, touristes, bignolles...' F1, 133.
*
 
BIGNOLER v.int.
Argot. Épier, regarder avec indiscrétion, guetter (DFNC). Le même dictionnaire ne se prononce pas sur une antériorité du verbe sur le substantif, tout en notant que ce dernier est beaucoup plus usuel.
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BLABLA
 'Oh voyez pas d'atrocités, d'intentions inhumaines ! blablas ! c'est l'hiver le vent la violence !'
F1, 49.
 'Employés partout nom de Dieu! blabla catastrophes tant par mois' F, Version B, 711.
 'Blabla chéris ! Alors ? Alors ? Verdict et hop !' F1, 104.

*

 

BLABLATER vb. int.
 Néologisme, à partir de blabla. Se perdre dans des considérations frivoles.
 'Oh ma longanimité ! que je blablatte à m'éclater ? blablatte à migraines pour cent ans ?' F1, 104.
 

*

BLABLATISÉ p.passé.
 'Sloganisé, blablatisé, glotte au croupion, rabâcheur d'étronimes sottises, méchancetés lâches, délations folles, cacatoïsé plus et plus !' F1, 109.
 

*

BLÂÂÂ
'Si ils se trouvaient blâââ !... déconfits...' F1, 140.
*
BLAKBOULÉ, part. passé.
L'édition de la Pléiade IV (1248) consacre une note à ce mot : 'signifie rejeter, repousser, dans un vote, par un emprunt à l'anglais to blackball, mettre dans l'urne noire'. Céline redonne ici son caractère concret à la boule que le français a déjà réintroduite dans le forme même du mot. Le prisonnier, dans la cage, est rejeté d'un mur à l'autre comme une boule'.
 'Happé, blackboule ! (je vous parle de la cage)', F1, 49. 

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BLAVOUILLER vb intr.
 Néologisme. Parler à tort et à travers. À partir de 'blaver', lequel est formé de blablater et de baver, bavarder.
 'Oh mais je digresse pas du tout! Ne croyez pas que je blavouille!...' F1, 17. Variante du manuscrit : 'que je [godouille] blavouille!'

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BLÈCHE adj.
Argot. Une vieille, misérable. Forme substantivée de l'adjectif.
'C'était pour une blèche, une crachante !... une juste sortant de l'hôpital, pas guérie...' F1, 142.
HIST.- Le DFNC donne pour origine probable de ce mot la forme normande de l'ancien français blecier (amollir en battant). 'Au XVIIe siècle, précise-t-il (90), [le mot] s'emploie à la fois pour des objets (blet de même racine, 'talé' pour un fruit) et pour les personnes, métaphoriquement ('mou', faible de caractère, peu sûr, sournois).
 'J'omettais l'âge... notre âge! grossesse? grossesse? grand-mère plutôt! blèche! Comme moi!' F1, 24.
 

*

BLÉCHIR vb. int.
Argot. Vieillir.
'Ah ! mûrir encore ! bléchir plus ! blets, plus blets !... s'oublier sous eux...' F1, 80. 

*

BOBICHER (SE) vb. pronominal, à ne pas confondre avec le verbe bobicher.
 Néologisme. Croisement de bobo, bichonner et bicher : prendre soin de soi, se soigner.
 'C'est donc très juste qu'il se bobiche, gâtelotte, se refuse rien, chasses yatchs, castels' F1, 20. Voir note de la Pléiade, p.1223, et Voc.

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BOMINER vb tr. 
Néologisme après chute de 'a', et avant substantivation. Le verbe comme le nom se trouvent ici tronqués en raison d'un bégaiement :
'Ah si vous saviez les Berbères si on les bomine cette année! Ah, bo! bo! bo! bo! cher Maître! Ah, c'est effroyable! tenez que la ba! ba! ve! me sèche! Mi! mi! Mina! Bobo! Nable' F1, 41. Il s'agit ici d'une mention aux événements d'Algérie.
*
 
BOSCO, n. et adj.
 Bossu. D'après le Dictionnaire du français non conventionnel, l'origine de ce mot, attesté pour la première fois en 1808, est incertaine, surtout en ce qui concerne la présence de la consonne c.
 'La langue française est royale ! que foutus baragouins autour ! conjurés ! boscos, vérolés !...' F1, 82 ;
 'Ça a dû être abominable la déblatération de ce pitre ! bosco cul-de-jatte jaloux venin' FII, 183.

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BOUFFRE Voir OUFFRE

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BOUILLUS ou BOUILLUZ n ou adj. m. pl.
 'Toujours des bourreaux dans Paris ! toujours des tronchus, des branchis, des estrapadés ! des bouillus ! juste savoir de quelle secte vous êtes ? ' F1, 48 ;
 'Je vous retrouverai ! les tanks vous ayant laminé, hachuré, les napalms bouilluz, je vous retrouverai !' F1, 79.

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BOUMER, REBOUMER
 1. Aller bien, à partir de l'anglais boom, puis de l'expression familière ça boume.
'Admettant que Féerie boume' Pléiade IV, App. IV, 876 ;
 'Je suis avec ceux qui réédifient, reboument les Cités (...) la valse des millions ! Je reboume riche ! que les librairies savent plus quoi faire... ' F1, 60 ; F1, 71;
' Si je reboume en dépit des haines, des crachiblablas des Artrons !...' F1,120.
 2. Heurter, à partir de boum.
'Bébert [...] fonce dans le couloir *boume* les portes, le battant...' Pléiade IV, App. III, 710 ;
 'Mon bagnard voisin!... simple, il se lance dedans tête première! Braoum ! et il recommence ! Il rebeugle ! et reboume !...'

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BOUROUETTE ou BEROUETTE n.f.
 Déformations de  brouette.
 'J'aurai tant prié pour des dattes ? et bahuté ? souffert immonde? Bourouette ! bourouette ! Ah, heureusement que je colle au fond ! (...) Ils recommencent tout !... Ils m'arrachent de mon tabouret ! 'Blasphémateur ! aux endives !... La bourouette, charogne !' ' F1, 92.
 'Je suis plus qu'un tas une gélatine à fond de borouette ! (...) 'Je vois le môme Bartre et la petite Elsa... du fond de ma borouette !' F1, 93.

*

BOUZILLERIE n.f.
 Néologisme à partir de bouziller, détruire.
 'Je pense à la bouzillerie totale ! au derniers jours, aux phosphores !...' F1, 59.

*

BOUZILLMAN, n.m.
 Néologisme à partir de bouziller, détruire, avec suffixation pseudo-anglaise.
'Je mérite d'être traité effroyable... ce que j'ai saccagé ! bouzillman !...' F1, 69.
*
 
BOYAUTER vb. trans.
 ' 'Acheter Féerie ! achetez Féerie ! le livre qui vous réjuvène l'âme, boyaute le boyau !' F1, 111. 

*

BOYAUTERIE n.f.
 'Foi ! je vous retrouverai ! mon point d'honneur ! même plus que déchiqueture pourrie ! boyauterie bleue, bidoche à rire, je vous retrouverai !' F1, 79. Ce passage est une paraphrase des premières lignes de la chanson (Je te trouverai charogne/ Un vilain soir !)

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 BOYAUTIN n.m.
 'Boyautin qu'empêche tout l'honneur de dormir', F1, 17.
*
 
BRAILLERIE n.f.
 Néologisme par suffixation à partir de braillement.
Ils me font repasser les horreurs ! les brailleries de Paouins avec des animaux, les pires !...' F1, 99.
*
 
BRANCHIS n.m. pl.
 'Toujours des bourreaux dans Paris ! toujours des tronchus, des branchis, des estrapadés ! des bouillus ! juste savoir de quelle secte vous êtes ? ' F1, 48.

*

 
BRANQUIGNE n.f.
Note de la Pléiade (IV, 1296) : 'Branquigner, à partir duquel est formé branquigne, est issu de branquignoler, 'traîner de ci, de là en se livrant à de petits vols'. De son côté, le DFNC indique qu'un branque est une personne au comportement imprévisible, un peu fou, qu'il a d'abord désigné, un âne, puis un mauvais ouvrier. Pour la formation de ce nom, la note renvoie à A. Juilland, Les Verbes de Céline, IIème partie.
'Je me précipite à l'aide ! le mouvement de ma part !... J'en entraîne dix ! quinze à moi, là, des branquignes...' F1, 150.

*

BRISQUE n.f.
 '- Vos blessure ? citations ? Brisques ?...' F1, 103.

*

 
BROCHE n.m.
Note de la Pléiade (IV, 1299) : 'Diminutif de brochet qui veut dire 'maquereau' (note de Céline à l'usage de sa secrétaire en marge de la dactylographie). ' Le brochet appartient à la série des poissons qui suggèrent l'idée du poisson carnassier, avide, brutal (DFNC).
'Ils étaient complices... à l'instinct !... d'accord !... le broche naturel, pognon de tout : moi !... sautez muscade !...' F1, 165.

*

BROCHE n.f.
 La note de la Pléiade indique qu'il ne s'agit pas d'un mot d'argot. 'Etant donné le contexte, on peut supposer qu'il est employé ici métaphoriquement avec le sens de faire taire à partir du sens de fixer avec une broche, considéré comme vieux par le Trésor de la langue française.
 'L'accueil de la Cour ! Comment le Grand Procureur vous broche !' F1, 109. 

*

BRODILLER vb.
 Néologisme à partir de broder, au sens figuré et appliqué à l'art de la conversation.
 'Je m'amuse là je vous raconte, je brodille...' F1, 63.
*
 
BRRT onomatopée.
 Imite le ronronnement du chat Bébert. Voir 'Plof'.
 'Bébert en 'brrt' il causait, positivement. Il vous répondait aux questions' F1, 19.  

*

BUSINETTE n.f.
 Néologisme à partir de business, affaires ; désigne les professionnelles, c'est-à-dire les prostituées. Le terme est d'autant plus judicieusement trouvé que Céline fait référence aux rues de Londres.
 'Ah pas des petites crevettes businette!... Ah pas du tout ! des fleurs de poupées !' F1, 76.

*

 BUVARD (ALLER AU)
 'Je connaît personne comparable à Marc [Empième] dans les lettres de ce temps! Pas un qui y aille au buvard dans toute la plumasserie française ! Pas un seul rival!' F1, 20.

 


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C
 
CÉLINGRAD nom propre
Néologisme. Le suffixe fait non seulement référence à la Russie, mais aussi à ces villes dont le nom à récemment changé.
'Ma Statue ! mon Square ! mes Esplanades ! ma Ville ! Célinegrad !' F1, 119.
*
 
CIBOIRE nom propre
'Il pouvait parler d'égoïsme Jules ! saloperie !... comme le Clauriac ! comme Ciboire ! comme Larengon ! Monstres ! Monstres tous !' F1, 139.
*
 
CLAURIAC n.propre
Pour Claudel et Mauriac.
'Il pouvait parler d'égoïsme Jules ! saloperie !... comme le Clauriac ! comme Ciboire ! comme Larengon ! Monstres ! Monstres tous !' F1, 139.
*
 
CACATOÏSÉ p.passé
Néologisme à partir de caca et de la suffixation -isé.
Sloganisé, blablatisé, glotte au croupion, rabâcheur d'étronimes sottises, méchancetés lâches, délations folles, cacatoïsé plus et plus !' F1, 109.
*
 
CACHECTIQUE adj.
Terme médical. D'après le DHLF, emprunté en même temps que 'cachexie' (1538) au bas latin cacheticus (447), lui-même repris du grec kakhekticos', de mauvaise constitution.
'Sa préférée, la Sarcelle, cachétique, tousseuse, vraiment moche...' F1, 136.
*
 
CALTER vb. intr.
Argot. S'en aller, partir de, 'en hâte ou sous l'effet d'une contrainte impérative' (DFNC). En exclamation : 'filez'.
' '-Vous autres aussi, caltez ! zoust !' F1, 151.
*
 
CAMISOLÉ adj.
Néologisme à partir de camisole de force.
'Et la fille du '63' ! enchaînée, camisolée... mais le pire, le pire encore, la 'pip-celle' F1, 100.
*
 
CAMPÉADORS n.m.
?
'Tous les lâches sont romanesques et romantiques, ils s'inventent des vies à reculons, pleines d'éclat, Campéadors d'escaliers!' F1, 19.
*
 
CANER vb. int.
'Si je lui donnais un fort marteau là au môme, lui proposais de me fendre la tronche? (...) Il oserait pas!... Il canerait' F, 13.
*
 
CARABOSSÉ p.passé adj.
Néologisme à partir de Fée Carabosse, connue pour sa laideur, avec influence possible de cabossé.
'Je serais content d'y voir un peu plus clair, d'avoir un peu moins de vertiges... et même un peu moins de pellagre (...) Philippe Auguste l'a eu aussi... beau même en partant aux Croisades il est revenu franchement ignoble, ridé, carabossé, crouelleux' F1, 40.
*
 
CARFOURNIOT n.m.
?
' '- Toi par-là Arlette ! par-là !' Dans son cafourniot qu'il voulait...' F1, 153.
*
 
CARDIAZOL n.m.
?
'Il est à lire en camisole ! Fléau public ! dénonçons-le ! dénonçons-le ! choc ! cardiazol ! cabanon !' F1, 80.
*
 
CARRER vb. int.
Néologisme à partit de l'argot décarrer, lui-même issu, sans doute, de carre, ayant le sens de 'prison' (DFNC). Décarrer prend donc le sens de 'sortir de prison'. 'Sortir'.
' ' - Allez ! Allez ! Carrez ! Carrez !' ' F1, 151.
' ' - Allez maintenant, carre !' ' F1, 155.
' ' - Maintenant carre grand enflé ! la rue !' ' F1, 155.
*
 
CARRIOLER vb avec pronom conjoint en position de cod accompagné d'un autre cod.
Néologisme à partir de carriole. Transporter.
'Ils me carriolent tout mon matériel', F1, 14.
*
 
CASUEL n. m.
'Il se rattrapait sur les gouaches, le casuel !... les clients de la fenêtres...' F1, 127.
*
 
CEUSSES n.m.
Ceux, sous forme substantivée.
'Les artisans du bâtiment, les comités des Briques publiques, les ceusses qui construisirent les forts, les ceusses qui foutirent partout le feu ! ' F1, 60.
*
 
CHARABANC n.m.
?
'Sur mon tabouret là en fosse ou dans le charabanc cadenassé, hanté par les remords de rien...' F1, 83.
*
 
CHIALERIE n.f.
Néologisme à partir de chialerie, pleurer.
'Elsa ! le désespoir d'Elsa !... que sa culotte tient contre dix ! vingt ! trente ! la chialerie d'Elsa !' F1, 94.
*
 
CHICAND n.m.
Néologisme à partir de chicandier, menteur. Sans doute en relation avec chiquer, dans le premier sens donné par le Dictionnaire du français non conventionnel : feindre, simuler. Il est intéressant de constater que Céline donne parfois à ce mot le sens de consentir, et en sens négatif, refuse (ne rien savoir).
'Il peut braire, chicand !' F1, 87.
*
 
CHICHITER vb. int.
Néologisme pour faire des chichis, des manières.
'Oh, pas que je chichite, concède... biaise... ah pas du tout ! rien du tout !' F1, 109.
*
 
CHIERIE n. f.
Néologisme à partir de chier.
'C'est le pote en face, le '17' qu'est la chierie alors à tuer!...' F1, 43.
'Ah, vous avez marre à la fin ! chierie !' F1, 119.
*
 
CHIOTS, CHIOTTS n. m. pl.
Argot.
1.Lieu d'aisance.
‘Les chiots fuient, l’ascenseur monte plus, la concierge est vachement grand-mère…’ F1, 8.
2.Insulte.
'- Je te ferai la tête en céramique moi toi, dis, chiott !' F1, 153.
*
 
CHIQUER vb.
1. Hésiter, tergiverser, sans doute à partir de chicaner (Dictionnaire du français non conventionnel).
'La Cour Ultime non plus chique pas, elle fait rouer les héros de 14 sans sourciller !' F1, 160.
2. En construction négative et transitive, refuser. Voir chicand.
'C'est les épiciers de le rue de berce qu'ont les premiers fait scandale... Il coulaient plus rien chiquer pour nous avancer de la boustiffe... Il venaient rapporter leurs factures' MàC, 666.
*
 
CHNOC, CHNOK, SCHNOCK, n.m.
Familier. Imbécile.
'Ce baradaboum! la charge à la cellule du chnoc!' F1, 36.
'À moi qu'il demande ! l'enragé ! devant tous les chnocs !...' F1, 150.
' - Grouille ! Grouille ! Chnok ! Grouille !' F1, 157.
HIST.- Le mot désigne l'Allemand au début du siècle (DFNC).
*
 
CHTIR n.m.
Néologisme. La note de la Pléiade (1227) pour le citation tirée de F1. indique que ce mot ne figure pas dans les dictionnaires d'argot et cite une lettre de Céline à Albert Paraz (Cahiers Céline 6, 401) : 'Chtir veut dire 'je tire' vieux terme d'argot signifiant 'viande de cheval' -- au temps où la viande de cheval était viande pour très miteux acheteurs et où les louchebems filaient du chtir en lieu de bœuf à leurs clients.' Ici, Céline donne à ce terme le sens de 'cadavre'.
'Ils m'écrouent, je stagne, purule, pèle... Ils m'extirpent, renfournent!... au trou! Chtir!' F1, 25.
'Avec qui maintenant que ça nous charre?... avec du macchab...! Oui madame! Du chtir!' GB I, 144.
*
 
CLAMOREUSE adj.
'Pas d'abjuration là doucedé ! Non ! Non ! clamoreuse !' F1, 111.
*
 
CLANCUL n.m.
Néologisme. Albert Paraz étudie la formation de ce néologisme dans Le Gala des vaches, p. 138., à partir d'une lettre envoyée à l'auteur en 1947. A. Paraz propose le croisement de clanculaire, nom d'une secte qui exerce ses rites en cachette, et de clanculus, nom d'un mollusque qui prend la couleur de la roche pour échapper à ses prédateurs. Dans les deux cas, l'origine est à trouver dans le mot latin 'clam', en cachette. Voir note Pléiade (1224). Le DFNC  propose le croisement de clampin et cul. On retrouve ce mot chez Alphonse Boudard.
'Y a assez de clanculs par le monde qui triomphent', F1, 21.
*
 
CLAPER vb. tr.
Néologisme. Céline ne reprend que partiellement le sens de ce mot d'argot signifiant manger à partir de clapet, gosier. Pour fermer le claper, faire taire.
'L'accueil de la Cour ! Comment le Grand Procureur vous broche ! clape ! musèle!' F1, 109.
Hist. - Le DFNC indique que claper est influencé par un bruit de la langue. En wallon, claper signifie mordre.
*
 
CLING! CLING! onomatopée.
'Le cling! cling! Des enterrements... les cloches du cimetière... les clochettes...' F1, 43.
*
 
CLINQUER vb. int.
'Vous connaissez pas le lit 'Picot' ? le 'Picot', le lit colonial qui nous a valu des Empires !... Je clinquais du 'Picot'!... c'est tout en petites tringles et qui tintent !...' F1, 99.
'- Ah l'énergumène ! qu'ils se clinquent ! tintent !... les os qu'entrechoquent !' F1, 109.
*
 
CONFINERIE  n.f.
Néologisme à partir de confinement et du suffixe -erie.
'Je vous parlais de mes yeux... des ténèbres... des moisissures... la confinerie... la demi-famine... que fout la Croix-Rouge?...' F1, 73.
*
 
CONNADE n.f.
Néologisme à partir de déconnade.
'Les femmes lui parlaient de mes yeux... jaspins ! connades !... elles le connaissent !...' F1, 126.
*
 
CONNANT n., adj.
Néologisme à partir de déconnant, déconneur, idiot.
'Double jetard, bavard de fiel, donneur, connant...' F1, 111.
*
 
COQUETÈLE n.m.
Version francisée de cocktail.
'J'irais au coquetèle chez Lévy...' F1, 64.
*
 
CORBILLARDE, adj.
Néologisme. Synonyme de lente. Se réfère à l'allure de ce véhicule quand il conduit les morts au cimetière.
'Vous dites : vous aurez une auto ! Non ! L'auto est ventripoteuse, semi-corbillarde à flapis ! Je corbillerai pas !' F1, 71.
*
 
CORBILLER vb. int.
Néologisme à partir de corbillard, pour désigner la voiture, véhicule qui à Paris est considéré par Céline comme trop lent (voir l'adjectif corbillarde). Céline lui préfère, dans le passage cité ci-dessous, le vélo.
'Vous dites : vous aurez une auto ! Non ! L'auto est ventripoteuse, semi-corbillarde à flapis ! Je corbillerai pas !' F1, 71.
*
 
CORNEUX adj.
Néologisme pour doté d'une corne, et l'occurrence Roland de Roncevaux.
'Et quelles stridences ! ah autre chose que le Roland ronceveux !... corneux coin coin !' F1, 108.
*
 
CORNIFLOT
'Pellagre ! corniflots ! pellagre!' F1, 68.
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COSMOMÉDIUMNIQUE adj.
Néologisme à partir de cosmos et de médiumnique, qui a trait au pouvoir que possèdent les médiums de servir d'interprètes aux esprits.
'La Colonne dévisse de la place, s'élève, s'enlève ! seule ! toute seule ! et brroung ! lui retombe toute sur la gueule !... vous réalisez ? c'est l'orage cosmomédiumnique !... le retour effroyable des choses !...' F1, 104.
'L'orage cosmomédiumnique gronde !...' F1, 104.
*
 
COUAQUOUAQUANT
Néologisme. Action de couaquouaquer, voir couaquer.
'En monôme ils partent, couaquouaquant, sifflant, crissant...' F1, 112.
*
 
COUAQUER vb.intr.
Néologisme à partir de couac, onomatopée imitant le bruit du corbeau.
‘De Brazaville, Berne ou Tobolsk, par toutes les fenêtres du quartier, ça se mugit, beugle, couaque…’ F I, 6.
*
 
CRACHIBLABLA n.m.
Néologisme, sans doute par croisement de cracher, archi et blablas.
' Si je reboume en dépit des haines, des crachiblablas des Artrons !...' F1,120.
*
 
CRÂNEUX s.m.
Néologisme. Désigne, dans Féerie 1, le prisonnier de la cellule qui tente de se fracasser la tête contre le mur.
'C'est le pire ! C'est le pire ! des heures qu'il m'a fait perdre, crâneux !...' F1, 101.
*
 
CRAPOTER vb.int.
'Faut que le rire vous gagne !... Vous rigolez pas ? Je crapote ! La fête est finie !' F1, 89.
*
 
CREVETTE n.f.
Ancien mot d'argot (1880) signifiant prostituée. Voir la note de la Pléiade (IV, 1271), qui cite Larchey, selon lequel la crevette est 'la fille hantant les crevés', le crevé étant un 'jeune élégant poussant à un degré tout féminin la recherche de sa toilette'. On peut avancer que le mot crevette est aussi un mot amical désignant un bébé (poupée) et par extension une femme.
'Ah pas des petites crevettes businette!... Ah pas du tout ! des fleurs de poupées !' F1, 76.
*
 
CROQUEVILLÉ adj. part.
Néologisme pour recroquevillé.
'Considérez aux eaux à Ax, à bagnoles, ces vieillards qu'on roule, mitouflés rogatons uriques, arthritiques à béquilles, podagres si tellement croquevillés, noués, souffreurs tous sens, ahanants acrobates d'enfer, face de gargouilles, hideux de supplices, calots hors...' F1, 71.
*
 
CROUELLEUX adj.
Néologisme. Voir la note très éclairante de la Pléiade IV (1242), selon laquelle le mot vient de l'adjectif écrouelleux, 'qui dans la médecine ancienne désignait un malade atteint des écrouelles, maladie caractérisée par un abcès du cou. Il faut rappeler que la guérison des écrouelles était un pouvoir traditionnellement attribué précisément aux rois de France'.
'Je serais content d'y voir un peu plus clair, d'avoir un peu moins de vertiges... et même un peu moins de pellagre (...) Philippe Auguste l'a eu aussi... beau même en partant aux Croisades il est revenu franchement ignoble, ridé, carabossé, crouelleux' F1, 40.
*
 
CROUPISSERIE n. fém.
Néologisme.
'Moi c'est la croupisserie d'années là dans ce trou qvec les otaries à droite, gauche, face, que je ne tolère pas !' F1, 47.
*
 
CROUSTILLAGE n.m.
'Eh vous là, qu'hurlez, fumant ! et ça que commence !... après le dépouillage, croustillage !... roustissement et darderie !...' F1, 110.
*
 
CRRAA(C) onom.
Bruit que fait la clé de la cellule de prison dans Féerie 1.
'Ils rebouclent ma lourde... craa ! craac ! craac! ' F1, 68.
*
 
CRUXI p.p.
Néologisme pour crucifié, c'est-à-dire assassiné (voir enchristé).
'Je suis parti par pure gentillesse, chevalerie atrurie voisine! vérité!, que personne soit cruxi pour moi!', F1, 45.
*
 
CY
A partir de -ci, en relation avec 'tel autre', dans une énumération.
'De quel côté vous étiez? Une fesse sur tel billot? Tel autre? La tête sus la potence de cy?', F1, 17.
*

 


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D
 
DACHE n.m.
Désigne le diable en argot.
'Je suis celui qu'a vendu le Plan 'Dache', la forteresse d'Ouque, le Pas-de-Calais, la tour Eiffel... et les arrières-pensées de Gamelin...' F1, 35 ;
'Ah si vous l'aurez! le Panthéon vous tout seul. On videra tout! Vous voulez pas? votre tête aux Bouffes! vos pieds à Dache! votre front à Sainte-Chapelle!' F1, 42.
*
 
DAMNÉMENT adv.
Néologisme à partir de l'adjectif damné.
'Gardez vos loustiqueries pour vous ! Vous aurez damnément l'usage !' F1, 91.
*
 
DANTUS pour Dante.
'Pas qu'aux gardiens pas qu'aux murailles que l'en veux ! aux Classiques, aux Penseurs d'abord ! magnifique poustouflant, l'ont eu : Pétrarque, Dantus! Homère ! Prout Prout !' F1, 81.
*
 
DARDERIE n.f.
Néologisme, croisement de dard et de ardre (brûler) avec suffixation en -erie.
Eh vous là, qu'hurlez, fumant ! et ça que commence !... après le dépouillage, croustillage !... roustissement et darderie !...' F1, 110.
*
 
DAUFLEUR interj.
 'Allez vous faire luire! Caraïbe! daufleur!... mal élevé! Jazzband!' F1, 39.

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DÉAMBULEMENT n.m.
 'C'est le déambulement des tordus !... le long, tout le long!' F1, 49. 

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DÉBLATÉRATION n.f.
Néologisme à partir de déblatérer.
'Ça a dû être abominable la déblatération de ce pitre ! bosco cul-de-jatte jaloux venin' FII, 183.
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DÉBOULADE n.f.
Néologisme à partir de débouler, terme argotique puis familier signifiant d'abord 's'enfuir, déguerpir', puis 'arriver brusquement', 'fondre sur' (DFNC).
'Le calme par la force! ils passent d'un palier à l'autre... où c'est drôle c'est les suicides... la trombe! tous les gaffe! Cette déboulade! F1, 35 ;
 'Les autres (...) veulent le métro ! Déboulades ! Carambolade !' F1, 149.
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DÉCARRER vb. intr.
Argot. 'Partir'. Voir carrer.
' '- Décarre ! ' ' F1, 151.
'Missionné assassin le môme-ci? Oh pâlot! Pâlot... Enfin zut, ils décarraient pas!' F1, 23.
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DÉCOULER vb. int.
 Pour 'il sourd du mur un liquide'
 'Ces murs découlent, j'éponge les flaques...' F1, 27.
*
 
 
DÉGEULASSEMENT, adv.
 'J'irai pas, reproche vivant, renifler, me rendre compte combien on m'a sali, volé, dégueulassement trahi, médit !...' F1, 53. 

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DÉGOUFFREMENT n.m.
Néologisme. Mouvement de reflux.
'Là votre propagande, ultima ! le grand fourmillement, la fièvre noire, les engouffrements au métro! dégouffrements ! Ciné ! meetinges ! théâtre à poil, demi-poil !...' F1, 113
*
 
DÉPOUILLAGE n.m.
Néologisme pour dépouillement, à propos des richesses de quelqu'un.
'Eh vous là, qu'hurlez, fumant ! et ça que commence !... après le dépouillage, croustillage !... roustissement et darderie !...' F1, 110.
*
 
DERGE n.m
'-Il biaise ! il faux file ! Derge ! Fantoche !' F1, 78.
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DÉVALISAGE n.m.
Néologisme à partir de dévaliser.
'Tenez, puisque je vous cache rien, chez moi rue Gaveneau 'septième', quinze équipes se sont succédé au dévalisage en mettons... seize mois!... vous pensez!' F1, 25.
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DÉVOYEUR n. m.
Néologisme, qui dévoie.
'S'il était béni le fias ! le Jules ! le dévoyeur ! le naufrageur !' F1, 138.
'Et sept étages sans ascenceur ! s'il était béni le fias ! le Jules ! le dévoyeur !' F1, 138.
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DINGUEUSE n.f.
 'Donc des dingues, dingueuses ! ce qu'il me faut !' F1, 80.

*

DOUCEDÉ p.p.adj.
 'Pas d'abjuration là doucedé ! Non ! Non ! clamoreuse !' F1, 111.
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DOUTANCER vb.
 Néologisme à partir de l'argor doutance, doute.
 'Ah l'amnistie que vous allez voir! Ouais?.. Ouai? Ouai?...vous doutancez?' F1, 42. 

*

DOUTERIE n.f
 Néologisme à partir de doute.
 'Jamais la plus petite douterie !... L'exquisité de mon écoute !... Chef d'orchestre en somme !...' F1, 97.
*
 
DROPER vb.int.
'Ça drope je vous jure !... la route de Gonesse à Paris !...' F1, 93.
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DROSSER vb intr
 'Vous redéboulez votre toboggan, voguez, ramponnez, drossez! encore plus bas!', F1, 15.
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E
 
EBAUDISSEMENT n. m.
Néologisme à partir de s'ébaudir, se réjouir.
'Eh vous là, qu'hurlez, fumant ! et ça que commence !... après le dépouillage, croustillage !... roustissement et darderie !...' F1, 110.

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ÉCARTLER vb. tr.
Néologisme à partir de écarteler.
'-Qu'on le transperce illique ! écartle!' F1, 74.
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ÉCHARDERIE n.f.
Néologisme à partir de écharde, sous le modèle tuerie.
'Et l'estrapade qui recommence !... votre écharderie générale !... tous les membres du tribunal se repassent le martinet de flamme et cous secouent l'ardeur qui mieux mieux !...' F1, 111.
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ÉCRIRE dans sa forme au conditionnel.
'Gredin !' vous vous écrieriez !... il nous enfle ! le fripon nous erre !...' F1, 52.
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ÉCRIVAINISSIME n.m.
Italianisme; Céline imagine un retour au Bourget (qui a bien eu lieu) marquant la fin de son exil danois.  
'Vous pouvez pas vous rendre compte du bien qu'on dit partout de vous! L'Écrivainissime du Siècle!' F1, 41.

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ECTO première partie de l'interjection ectoplasme.
'Voilà l'effet des vitamines! Je l'interloque... tout ecto qu'il est! plasme!' F1, 39.
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EGORGERIE n.f.
Néologisme à partir de égorger, indique les hurlements consécutifs à un égorgement.
'Plus le chœur des gourmets de la nuit qu'était couvert encore lui-même par la bacchanale animale, éventreries, égorgeries, amoureries de vingt-cinq zoos !' F1, 98.
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ÉMANER vb. en emploi personnel.
'Vous dire le moral que j'émane!...' F1, 38 (Comprendre : C'est vous dire le moral qui émane de ma personne).

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ÉMERGER vb. en emploi transit. avec cod de personne.
'Il m'émerge au vasistas (...) et il m'émerge juste au petit jour...' F1, 27 ;
'Il m'émerge au vasistas!' F1, p.36 ;
'L'Hortensia m'émerge...' F1, 39.
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EMMOITÉ p.passé adj.
Néologisme à partir de moite.
'Regardez clients et clientes emmoités, émerger chancelants blets des Antres, plus reconnaissant nord de sud !' F1, 80.
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ÉMOUSTILLEUSE adj. f.
Néologisme, qui émoustille.
'Et émoustilleuses et causeuses et cavaleuses de musettes !... grands magasins ! caves saphistiques !...' F1, 80.
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ÉMOUVOIR vb. existant, avec conjugaison différente à la troisième personne du pluriel.
'Au moins cinq millions de personnes qui s'émouvaient' F1, 29.  

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ENCHRISTER vb.tr.
 Néologisme pour mis sur la croix comme le Christ.
 'Oui! Il ment pas!' enfin il ment pas! Il dit vrai! Saloperie alors! Verno! Ils l'enchristent! martyr!', F1, 43.
 'A pillé, outragé, traqué, enchristé, sali, un héros ! lui infligé mille satanies, mille mille hontes ! misères !' F1, 109.

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ENCOLÈRER vb.int.

Néologisme pour 'se mettre en colère'.

'Je m'encolère là sur mes croûtes de repenser !'F1, 146
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ENCONTRE préposition
'Face à lui'. A propos de Marcel Aymé, dit Marc Empième :
'Il distille le songe comme une fée... y a Maupassant et puis lui-même. Autour? avant? encontre? parmi? Des lazzarones!...' F1, 20.
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ENCOLÉRÉ p.passé.
Néologisme à partir de colère. Voir enfurier.
'Vous êtes aussi drôlement du Diable ! tout têtu comme !... mais pas à me défoncer mon mur !... pas encoléré à mourir !...' F1, 104.
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ENCOTONNÉ p.présent.
Néologisme, la tête couverte de bandes de coton médical.
'Il se sera écrasé un peu le front... voilà ce qu'il se sera fait, fendu le cuir, pas l'os !... alors ?... alors ?... enturbanné, encotonné ...' F1, 101.
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ENCULOMAN n.m.
Néologisme à partir de enculé.
' - Qu'a pas Féerie, plouc et miteux ! Crotteux, rateux, ignare, barbare ! enculoman sans horizon !' F1, 112.
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ENFURIER vb.tr.
Néologisme, mettre en fureur. Voir encolérer. 
'Je les enfurie triple !...' F1, 103.
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ENGLOUTER vb. tr.
Néologisme à partir de l'onomatopée glouglou, avaler.
'Vite l'abjuration de vos vilenies devant que l'enfer vous engloute !' F1, 111.
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ENGOUFFRÉE n.f.
Néologisme pour engouffrement.
'Le vaste mouvement des extrêmes !... l'enveloppement... quarante escadrons comme un seul !... cette poulopade !... l'engouffrée !...' F1, 107.
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ENJÔLERIE n.f.
Néologisme.
'Je venais pour le féliciter il m'attaque que je lui lève ses filles ! quel accueil ! cette mauvaise foi !... lui qui s'occupait d'enjôlerie !...' F1, 125.
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ENMOUR n. f.
Néologisme à partir de mon amour, voire mamours et de la forme verbale s'enamourer.
'Ah, prends m'en tout! m'enmour! enmour!(...) Ah! mamour! D'amour! enmour! Ton cœur!' F1, 29. 
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ENQUILLER vb tr.
Argot. Entrer dans, pénétrer dans, mais aussi posséder sexuellement, d'où peut-être, par glissement, s'emparer. On peut aussi penser au kil de rouge, la bouteille d'un litre, ici utilisée non pas pour le vin ordinaire mais pour le champagne.
'Mais qui qui l'enquillait le champagne ?...' F1, 129.
'Et enquilleur de rouge comme pas !...' F1, 132.
HIST.- D'après le DFNC, Théophile Gautier serait à l'origine du mot argotique, par renforcement de l'ancien quiller (XVIe siècle), signifiant 'pénétrer'.
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ENTRANGLER vb.tr.
Néologisme pour étrangler.
'Qui l'entranglera le beugleur monstre ? hululeur ! cagoulé féroce fendeur d'âmes, l'hiver baltave !' F1, 49.
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EQUISITÉ, n.f.
Néologisme à partir de exquis
'Jamais la plus petite douterie !... L'exquisité de mon écoute !... Chef d'orchestre en somme !...' F1, 97.
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EROTER (S') vb pr.
'Pensez à ce que se lit par le monde ! de quoi ça pleure, s'esclaffe, s'érote, en chemin de fer ou dans les Jurys !' F1, 122.
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ERRER, vb. dans la construction errer quelqu'un.
Pour induire en erreur, perdre à partir de errer et de erreur.
' 'Gredin!' vous vous écrieriez !... il nous enfle ! le fripon nous erre!...' F1, 52.

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ESCOGRU n.m.
Néologisme à partir de escogriffe.
'Il nous insulte l'escogru ! qu'on le découpe ! tranche !' F1, 67. 

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ESCOPETTE ou ECOPETTE n.f.
 'Votre nez engagé compressé dans l'entre-fesse ! votre escopette ! tâché ô Dieu ! (...) votre écopette à l'envers.' F1, 114.

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ESTOUFARÈS, vb. tr.
D'après l'édition de la Pléiade (Tome IV), vient de estouffade et estoufa, signifiant étouffer en provençal ; le participe à la même forme que l'infinitif de boucler, bouclarès, signifiant enfermé. Il a dans la première citation le sens de volé.
'Je vous ai dit page Y! H! Z! 7ème gauche!... ils ont tout embarq