~Source Unknown~ En suivant l’horizon, qui se métamorphose Sur les versants jonchés de troncs vils et grossiers; Le firmament parfois se suspend aux rosiers; Dans le voile discret, que la fraîcheur dépose. Frêle! Sur l’un d’entre eux; loin des faîtes altiers, Sur un rameau brisé, par le vent je suppose! Une fleur s’offre à l’aube, à l’écart des sentiers; Sous le baldaquin bleu, que l’aurore compose. Carmin, son vif éclat sur le buisson morose, Illumine ronces, asters et framboisiers. Ce talus recouvert de palmes et d’osiers, Sans elle, reste obscur et son fouillis s’impose Mais voilà! Revêtu de soies et de colliers, À même le frisson du matin qui l’arrose; Il semble consumer de tous les brasiers, De ce feu qu’un rayon allume sur la rose A cet instant précis où le matin explose, Dans le ramage gai des oiseaux familiers, Ce fil d’or qui descend des arbres, les paliers; Surprend d’un long baiser la fleur à peine éclose. Il change un sous-bois sombre en milles chandeliers Et fait d’une humble fleur un soleil grandiose; Cet écrin de feuilles aux contours réguliers Ce velours délicat où la beauté s’expose Reste le seul endroit où sa clarté se pose… En suivant l’horizon, qui se métamorphose Allen Guilbert 1970… 2005 |