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I. —Du mystère de l'Incamation.

Définition de l'Incarnation.—Récit du fait: sa raison d'être—Jésus-Christ: ses noms.—Vérités dogmatiques qui decoulent de l'Incarnatlon: 1° nature divine; 2° nature humaine 3° unité de personne 4° deux volontés et deux opérations distincts.

40.—Qu'est-ce que le mystère de l'Incarnation?

Le mystère de l'Incarnation est le mystère du Fils de Dieu fait homme, ou, comme la théologie le dit plus explicitement: l'Union de la nature divine et de la nature humaine dans la seule personne de JésusChrist.

En disant que le Fils de Dieu s'est fait homme, nous entendons que la seconde personne de la sainte Trinité, existant de toute éternité comme le Père, esprit invisible comme lui, est venue, à un moment donné, revêtir notre nature humaine et prendre sur terre un corps et une âme semblables aux nôtres, dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie.

Ce mystère s'est accompli vers l'an 4004 du monde 1. L'anniversaire de cet événement se célèbre chaque année le 2 mars, et en raison de l'importance de Incarnation du Fils de Dieu, c'est à dater de cette époque que se comptent les années de l'ère chrétienne.

I. L'Évangile raconte la façon dont cet événement mystérieux s'accomplit. Le moment providentiel étant venu, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu à une Vierge de la Judée, appelée Marie, dont l'époux s'appelait Joseph. Tous deux habitaient la bourgade de Nazareth. L'ange s'inclina devant l'humble Vierge, qui était en prières, et la salua par ces mots: " Je vous salue, pleine de grâces; le Seigneur est avee vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes. " Marie fut un instant troublée. L'ange la rassura en lui disant: " Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous allez concevoir et vous enfanterez un Fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, on l'appellera le Fils du Très-Haut... "

Marie craignit que ce mystère ne portait atteinte à sa virginité. L'ange lui retira cette inquiétude: " Le Saint-Esprit, dit-il, descendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre: c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. " Marie dit alors: " Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ! " Et à l'heure même le Verbe de Dieu s'incarna.

On voit par le récit évangélique que l'Incarnation de Notre-Seigneur est mystérieuse. Ayant dans le Ciel un Père éternel, il n'a sur terre besoin que d'une mère selon la chair, et c'est pourquoi nous disons de lui: " Il a été conçu du Saint-Esprit, et il est né de la Vierge Marie. "

II. La raison de l'Incarnation, la voici: Pour que le Fils de Dieu pût souffrir et nous racheter, il lui fallait un corps capable de souffrir, et une âme humaine, qui lui permit de représenter en sa personne l'humanité coupable: C'est donc parce qu'il s'est incarné que Notre-Seigneur a pu souffrir et mourir, nous racheter ainsi de l'esclavage du péché, nous délivrer des peines de l'enfer, et nous mériter la vie éternelle.

41.—Qu'est-ce que Jésus-Christ, et que signifient les noms par lesquels nous désignons sa personne?

D'après ce que nous venons de dire, Jésus-Christ est le Fils de Dieu fait homme.—si nous considérons son auguste personne, nous constatons en lui non seulement les deux éléments qui constituent la nature humaine, c'est-à-dire le corps et l'âme, mais un troisième élément divin, qui perfectionne tout son être, en laissant subsister l'unité de personne: c'est la divinite, ou la nature divine.

Si nous considérons la signification des noms décernés au Sauveur, nous y trouverons tout un enseignement: Jésus veut dire Sauveu, parce qu'en effet le Fils de Dieu est venu pour nous sauver et nous racheter.

Christ signifie oint, sacré, ou consacré par l'onction sainte. On désignait autrefois par le mot Christ le roi, le prêtre ou le prophète qui avait reçu la consécration de l'huile sainte; or Jésus-Christ a été tout à la fois Roi, Prêtre et Prophète, et il a été consacré par son sang.

Nous appelons Jésus-Christ Notre-Seigneur, parce qu'il est, en réalité, notre souverain et notre maître; et il l'est doublement: comme Créateur, il nous a faits ce que nous sommes; comme Sauveur, il a fait de nous un peuple conquis, en nous rachetant et en payant de son sang notre rachat.

42.—Quelles sont les vérités de foi catholique, relatives à l'Incarnation de Notre-Seigneur?

La foi catholique enseigne qu'en Jésus-Christ il y a deux natures, la nature divine et la nature huanaine que cependant il n'y a en lui qu'une seule personne celle du Fils de Dieu; que néanmoins les deux natures restent distinctes, ayant chacune leur volonté et leurs opérations.

Reprenons chacun de ces points.

1° Jésus-Christ a la nature divine: " Il est Dieu. " Cette vérité se prouve: 1° Par ces premières paroles de l'Évangile de saint Jean: " Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu... Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous. "

2° En beaucoup de circonstances, Notre-Seigneur s'est déclaré Fils de Dieu, en tout semblable à son Père. Il a même été condamné à mort sur cette accusation, qu'il se disait le Fils de Dieu.

3° A l'autorité de sa parole, Jésus-Christ a ajouté l'autorité de ses oeuvres. Il a prouvé sa divinité par de nombreux miracles, répétant aux Juifs: " si vous ne croyez pas à ma parole, croyez à mes œuvres " Et il a donné en témoignage le plus grand de ses miracles, sa propre résurrection.

C'est donc avec raison que le concile de Nicée, en 325, a proclamé la divinité de Notre-Seigneur et condamné Arius, qui l'attaquait dans son principe même: la génération éternelle du Verbe.

II. Jésus-Christ a la nature humaine: " Il est homme. "—En effet, il eut un corps semblable aux nôtres. " Le Verbe s'est fait chair, " dit saint Jean. Et les Évangélistes nous montrent Notre-Seigneur naissant à Bethléem, travaillant à Nazareth, ayant faim et soif, souffrant et pleurant, mourant sur la croix, déposé dans le sépulere, réapparaissant plein de vie, se faisant voir et toucher par ses Apôtres.—Il eut aussi une âme semblable à la nôtre, distincte de la divinité: c'est cette âme qui a éprouvé la tristesse, la crainte, la douleur. Jésus-Christ avait donc réellement aussi la nature humaine, et non pas un corps d'emprunt.

III. En Jésus-Christ, il n'y a qu'une seule personne, qui est celle du Fils de Dieu.—c'est l'affirmation du concile d'Ephèse (431), contre l'hérésie de Nestorius, patriarche de Constantinople, qui prétendait qu'en Notre-Seigneur il y avait une personne divine et une personne humaine, et que la Vierge Marie n'était mère que de cette dernière. — L'Évangile nous montre au contraire, en Jésus-Christ, une seule et même personne, l'appelant tantôt Fils de l'homme et tantôt Fils de Dieu: c'est bien la même individualité toujours, le même qui est né et qui a souffert, qui a fait des miracles et qui est mort; et celle qui fut sa mère doit, en vérité, être appelée Mère de Dieu, puisqu'elle est mère de Jésus-Christ, qui est Dieu.

IV. En Jésus-Christ il y a deux natures distinctes, et aussi deux volontés, et deux opérations.—c'est l'enseignement du concile de Chalcédoine (451) contre Eutychès moine de Constantinople, qui, dans son ardeur à défendre l'unité de personne, tomba dans un excès opposé et enseigna l'unité de nature, prétendant que la nature humaine était absorbée par la nature divine.

Non, les deux natures subsistent, distinctes, sans confusion ni mélange, après l'union hypostatique. ceci résulte de ce que nous avons dit plus haut des deux natures. Par conséquent aussi,—et contrairement à ce que prétendaient Sergius et les monothélites, partisans d'une seule volonté, condamnés au troisième concile de Constantinople (680), — les deux volontés et les deux opérations de la nature divine et de la nature humaine subsistent distinctes et non confondues. Sans doute, en Notre-Seigneur, la volonté humaine était soumise à la volonté divine, mais on les voit bien distinctes dans la prière au jardin des Olives: " Mon Pére, que votre volonté se fasse, et non la mienne. " (S. Luc, XII.) De même, les deux opérations ne sont pas confuses: la nature divine se manifestait par les miracles, la Transfiguration, la Résurrection, l'Ascension; et l'opération humaine se traduisait par des actes qui appartiennènt essentiellement à notre nature, tels que manger, boire, dormir, souffrir, mourir...

CONCLUSION PRATIQUE

Les deux natures divine et humaine étant unies en votre personne, ô Jésus mon Sauveur, tous vos actes, vos paroles, vos souffrances et principalement votre mort, sont d'un prix infini, et je puis dire de vous: " Mon Dieu m'a aimé, il a souffert et il est mort pour moi!.. " Quelle ne doit pas être ma, reconnaissance !

Par une autre conséquence, ô Jésus, tout ce qui appartient à votre humanité, votre chair et votre sang sont adorables... Je puis et je dois leur rendre le culte suprême de l'adorations qui appartient à Dieu. Et c'est pourquoi, avec l'Église catholique, ma mère, j'adore d'un vrai culte de latrie votre corps sacré dans la très sainte Eucharistie, puisque la sainte Eucharistie, c'est vous!... Pour les mêmes raisons, je rends un culte à votre sacré Coeur, parce qu'il fut substantiellement uni à votre personne divine et qu'il a été tout à la fois la sourec du sang divin qui m'a racheté et l'organe de l'amour incomparable que vous avez eu pour moi