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II. - - Enseignement de l'Église.

Le pouvoir d'enseigner est confié aux pasteurs--Sources de l'enseignement: 1° Écriture sainte; 2° Tradition; 3° Conciles. — Infaillibilité: l° de l'Église en général; 2° du Pape en particulier.

67. -A que le pouvoir d'enseigner a-t-il été confié par Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

Le pouvoir d'enseigner a été confié par Notre-Seigneur Jésus-Christ à saint Pierre et aux Apôtres, et en leur personne au Pape, successeur de saint Pierre, et aux Evêques, successeurs des Apôtres.

Aux Apôtres réunis,—Pierre étant a leur tête, - Notre-Seigneur a dit: " Allez, enseignez toutes les nations... Apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai moi-meme confié... Voici que Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. " (S. Matth.,XXVIII. )

À saint Pierre en particulier, Jésus-Christ a dit: " Pais mes agneaux, pais mes brebis " (S. Jean, XXI), c'est-à-dire enseigne et fais vivre de la vérité tout mon troupeau, l'Église entière, fidèles et pasteurs.

Ce pouvoir d'enseignement s'est transmis au Pape et aux évêques, puisqu'il devait durer jusqu'à la consommation des siècles. Ce sont eux qui continuent d'être les maîtres de l'enseignement qui sont seuls juges de la doctrines qui l'expliquent et la préservent de toute erreur. Toutefois, ils s'associent, dans la mission d'instruire les fidèles, des auxiliaires qui sont les Prêtres. Et ce corps réuni des pasteurs forme ce qu'on appelle l'Église

enseignante, tandis que les fidèles sont l'Église enseignée. 68.—Où l'Église puise-t-elle son enseignement?

1° Dans l'Écriture sainte, dont nous avons fait connaître les principaux livres, soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament. C'est là que se trouve la parole de Dieu écrite, là que sont renfermées les verités révélées de Dieu et que les pasteurs doivent transmettre aux fidèles.

2° Dans la Tradition: on appelle ainsi la parole de Dieu, qui est venue des Apôtres jusqu'à nous sans être écrite, mais transmise d'abord de vive voix.

3° Dans les Conciles. On donne ce nom aux grandes assemblées de l'église enseignante. L'écriture et la Tradition forment la base de l'enseignement formulé par les Conciles. Le concile est appelé général soit oecuménique, quand il représente l'Église universelle, que tous les évêques y ont été convoqués, et qu'il se tient sous l'autorité et avec la sanction du Pape; national quand il réunit les évêques d'une nation sous la présidence d'un délégué du Pape; Provinciale quand il se compose des éveques d'une province ecclésiastique, sous la présidence d'un Patriarche, d'un Métropolitain ou Archevêque .

Les décisions des Conciles, et principalement les Conciles généraux, deviennent la matière de l'enseignement de l'église.

69. - Comment l'intégrité et l'exactitude de l'enseignement sont-elles garanties dans Église?

Elles sont garanties par le privilège de l'infaillibilité. On entend par ce mot la prérogative que Jésus-Christ a donnée à son Église de ne pouvoir se tromper dans l'enseignement de la vérité religieuse. Cette infaillibilité implique deux choses: 1° une assistance divine qui préserve l'Église de toute erreur: c'est ce qu'on appelle infaillibilité négative; et 2° le pouvoir de formuler des décisions dogmatiques ou morales, obligatoires pour tous les chrétiens: c'est ce qu'on nomme l'infaillibilité positive.

Le privilège de l'infaillibilité résulte de la promesse formelle de Notre-Seigneur: " Voici dit-il, que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. " (S. Matth., XXVIII, 20.) Là où est Jésus-Christ, là est l'autorité: là ne saurait exister l'erreur.

Remarquons toutefois que cette promesse ne concerne que la religion, et par conséquent l'Église n'est infaillible que dans les questions de foi, de mœurs ou de discipline générale.

70. - En qui repose le privilège de l'infaillibilité ?

Il repose: l° dans Église en général, et 2° dans le Pape en particulier.

I. L'Église en général est infaillible; la promesse que nous venons de rappeler s'adressait au collège des Apôtres, ayant Pierre à leur tête. En conséquence, ce privilège passe non pas à chaque Éveque personllellement, mais en général au corps des Éveques ayant à leur tête le souverain Pontife. D'où il résulte qu'un Éveque peut se tromper en matière de foi; mais la totalité des Éveques, jamais. C'est pourquoi l'Église est infaillible l° dans le sens positif, quand, réunie en Concile général, sous l'autorité du Pape, elle décide qu'une doctrine concernant la foi ou les mœurs doit être crue et acceptée par toute l'église; et 2° dans le sens négatif, quand, sans être réunie en Concile, mais tout en restant dispersée, elle se trouve enseignant d'un commun accord, et en union avec le souverain Pontife, une question de foi ou de morale. En effet Jésus-Christ a promis d'être avec son Église " tous les jours, et non pas seulement quand elle serait réunie. Il la préserve donc de l'erreur, même à l'état de aspersion, sans que toutefois l'Église puisse formuler de définition dogmatique ou morale en l'absence du Pape qui est son chef, la source de son infaillibilité positive, l'organe principal et essentiel de ses définitions.

II. Indépendamment de l'infaillibilité donnée à l'Église en général, le Pape possède personnellement le même privilège de l'infaillité tenu lorsqu'il parle, comme on dit, en cathedra, c'est-à-dire lorsque remplissant sa charge de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens en vertu de sa suprême autorité apostolique, il formule pour toute l'Église, une décision concernant la foi et les mœurs.

Ce privilège de l'infaillibilité personnelle du Pape résulte de promesses spéciales qui ont été faites à saint Pierre, et, dans sa personne, à ses successeurs. Notre-Seigneur lui a dit: " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. " (S. Matth., XVII.) Si Pierre venait à enseigner l'erreur, c'est l'enfer qui prévaudrait contre la vérité, ce qui est contraire à la promesse divine.

Il lui a dit encore: " J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne vienne jamais à défaillir. Une fois converti, affermis tes frères. " (S. Luc,, XXII.) Or la prière de Notre-Seigneur est efficace; il en résulte que Pierre, chargé d'affermir les autres., ne tombera pas dans l'erreur.

Enfin, par trois fois Jésus-Christ lui a dit: " Pais mes agneaux, pais mes brebis. " (S. Jean, XXI.) Or, si saint Pierre, ou son successeur, venait a enseigner l'erreur, il ne serait plus le guide du troupeau; mais c'est lui qui devrait être ramené dans la vérité: ce serait l'inverse de ce qui doit être.

Tels sont les témoignages sur lesquels s'appuyait le Concile général du Vatican, quand, le 18 juillet 1870, invoquant sur ce point l'antique tradition, il a fait de l'infaillibilité pontificale un article de foi que les chrétiens doivent admettre sous peine de tomber dans l'hérésie.

CONCLUSION PRATIQUE

Jésus-Christ a dit à ses Apôtres et à leurs successeurs: " Qui vous écoute, m'écoute; qui vous reprise me méprise."

En obéissant aux pasteurs de l'Église le chrétien est donc sur de ne pas se tromper: c'est à Jésus-Christ qu'il obéit. S'il venait, au contraire, à mépriser les enseignements de l'Église, il devrait redouter les jugements de Jésus-Christ lui-même.

Béni soit le Sauveur. Jésus de nous avoir donné une double garantie de certitude: l'Église et le Pape; une double autorité pour nous maintenir dans la vraie foi: le Concile et la Chaire infaillible du Pontife romain!

" Sainte Église romaine, mère des Églises et mère de tous les fidèles, choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi et dans la même charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles. Si je t'oublie, Église romaine, puissé-je m'oublier moi-même ! Que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche si tel n'es pas toujours la première dans mon souvenir, si je ne te mets pas au commencement de tous mes cantiques de réjouissance!" ( BOSSUET. )