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Proposition d'une notation standard
pour l'accordéon diatonique

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Carles Belda, Josep Maria Mayol, Cati Plana, Daniel Violant



Proposition de la notation standard

TYPE D’ACCORDEON SUR LEQUEL NOUS BASONS LA NOTATION

En ce qui concerne l’écriture, le système de notation que nous proposons se base sur un type concret d’accordéon. Il s’agit de l’accordéon diatonique en Sol/Do (G/C), de deux rangées et de vingt et une touches à la main droite, et de huit touches à la main gauche. La disposition des notes et accords est la suivante:

Le fait que l’on se base sur ce type d’accordéon implique que, lorsqu’il sera nécessaire d’utiliser un autre accordement, nous l’indiquerons au début du premier système de cette manière:

Dans ces cas-là, nous considérons l’accordéon comme un instrument transpositeur.

PORTÉE D’ÉCRITURE

Nous utiliserons deux portées, en clé de Sol et de Fa à la quatrième ligne respectivement, unies par une clé similaire à celle utilisée pour les partitions de piano, et avec des divisions continues. Sur la portée supérieure, nous noterons ce qui est joué par le clavier de la main droite, et sur la portée inférieure, celui de la main gauche:



Si parfois nous ne jugeons pas nécessaire ou désirable de spécifier tout ce qui est joué, les deux portées peuvent être réduites à une seule:

(c’est-à-dire: jouer seulement la mélodie)



(c’est-à-dire: jouer la mélodie avec accompagnement évident)



(c’est-à-dire: jouer l’accompagnement harmonique-rythmique indiqué)



NOTATION DE LA MAIN DROITE

Nous utiliserons la notation musicale conventionnelle, avec la possibilité de faire servir tous les signes pour indiquer hauteurs, durées, dynamique, phrasée, tempo...

En ce qui concerne les indications de tempo et dynamique, nous les écrirons dans notre propre langue ou en italien, qui est la langue la plus utilisée traditionnellement.

NOTATION DE LA MAIN GAUCHE

La main gauche se charge de jouer les basses et les accords, en plus d’actionner la valvule d’air. Nous expliquerons à continuation comment noter ces trois éléments.

1. Les basses

Ce sont les notes les plus graves de l’accordéon, et constituent la base de l’accompagnement. Nous les écrirons en clé de Fa dans la gamme qui va des notes Do 1 à Si 1 inclues, et avec les queues des notes vers le haut. Ce sont les basses dont dispose un accordéon standard:

Il est nécessaire de clarifier que suivant l’accordéon dont nous disposons, les basses peuvent ne pas sonner à l’octave que nous écrivons, mais à l’octave supérieure ou inférieure. En plus, dans l’écriture nous ne prendrons pas en compte le fait qu’elles soient octavées.

2. Les accords

Ce sont des groupements de notes de noms différents qui sont jouées simultanément. Ils sont habituellement formés de trois notes, bien qu’on peut en avoir plus ou moins. Nous les écrirons en clé de Fa dans la gamme qui va du Do 2 au Si 2 inclus, et avec les queues des notes vers le bas. Par contre, nous utiliserons une notation abrégée: nous représenterons chaque accord avec une seule note (la fondamentale):

Quand il s’agit d’un de ces accords, les six de l’accordéon standard, il ne sera pas nécessaire d’indiquer s’il est majeur ou mineur. Mais si nous disposons d’accords inhabituels, nous pourrons ajouter sur la portée de la main gauche le chiffré des accords —en système moderne— pour éviter les confusions:

Quand nous combinerons des basses et des accords, nous pourrons savoir ce que chaque note représente en remarquant l'octave où elle se trouve et la direction de sa queue.

Si nous jouons des croches ou doubles croches et voulons les barrer ensemble, nous serons obligés de mettre leurs queues dans la même direction. Malgré cela, nous pourrons toujours savoir quelle est la note basse et celle de l’accord grâce à l’octave où c’est écrit:

Avec ces éléments, il est possible d’indiquer n’importe quelle combination de basses et accords désirée. Il conviendra tout de même parfois d’ajouter sur la portée de la main gauche le chiffré de l’accord obtenu pour rendre plus compréhensible le sens harmonique d’un passage. Ainsi, nous pourrons écrire un même fragment suivant ces deux manières:

3. La soupape d'air

Nous indiquerons le moment où nous l’actionnerons avec le signe V. Quand nous considérerons intéressant d’indiquer avec précision le temps qu’il faudra maintenir la pression, nous pourrons utiliser une ligne horizontale à la suite du signe:

DOIGTÉ

Quand il sera intéressant d’indiquer le doigté de n’importe laquelle des deux mains, c’est-à-dire, avec quel doigt nous jouons chaque touche, nous le ferons en mettant à côté de la note —en haut, en bas ou sur le côté, suivant les critères de chacun— le numéro de doigt que nous utilisons, suivant cette correspondance:

Pouce
1
Index
2
Médius
3
Annulaire
4
Auriculaire
5

DIRECTION DU SOUFFLET

Le signe qui indique quand nous le fermons sera celui-ci: + . Pour indiquer que nous l’ouvrons, nous utiliserons celui-là: o. Quand nous voudrons montrer qu’un passage se joue en faisant aller le soufflet dans un seul sens —en ouvrant ou en fermant— nous pourrons utiliser une ligne horizontale à la suite du signe. Nous placerons les indications du soufflet en haut de la portée de la main droite.

RANGÉE OÙ L'ON JOUE

Habituellement, avec les indications du doigté et de sens du soufflet, c’est suffisant pour savoir comment jouer le passage. Malgré tout, quand nous trouverons nécessaire d’indiquer la rangée où il faut jouer une note, nous le ferons en lui mettant en dessous le signe correspondant (une lettre entourée), suivant la grille ci-dessous, et avec la possibilité de le prolonger par une ligne:

Rangée de Sol
G
Rangée de Do
C
Rangées de Fa, Re... (si la rangée supplémentaire correspond à une tonalité concrète)
F, D
Rangée des notes altérées (si la rangée supplémentaire ne correspond pas à aucune tonalité
S


ORNEMENTS

Mordant d’une note (ou appoggiature brève)

Nous l’indiquerons avec le signe utilisé dans la notation courante:

Mordant de deux notes

Avec l’accordéon diatonique, les mordants sont très souvent réalisés sur une même rangée; ceci fait que, suivant la note ornementée, le mordant est à une distance de seconde, tierce ou quarte. D’un autre côté, il est aussi possible de jouer la note d’ornement sur une rangée différente. C’est pour cela qu’il conviendra de différencier les deux situations:

  • Quand nous voudrons seulement indiquer que nous ornementons une note avec un mordant, sans qu’il importe la note auxiliaire, nous pourrons utiliser les signes habituels du mordant supérieur et inférieur, et (bien qu’ils signifient littéralement un mordant à une distance de seconde).
  • · Si nous voulons spécifier les notes d’ornement que nous désirons, nous pourrons utiliser la notation usuelle en petites notes.

Ainsi, des deux versions du fragment suivant, la première peut être ambiguë, mais elle est suffisante si nous voulons seulement indiquer quelles sont les notes qu’il faut ornementer:

S’il nous intéresse de noter un ornement avec une précision absolue, la meilleure solution est de l’écrire en notes réelles, comme s’il faisait partie de la mélodie:


CODA

Avec ce que nous avons exposé jusque maintenant, nous avons couvert la technique basique de l’accordéon diatonique —ou tout au moins c’est ce que nous croyons—. Il sera nécessaire d’ajouter à cette proposition de notation des solutions qui permettent de noter d’autres techniques: flaps, vibrato de soufflet, glissandos, percussion, registres...