Carnets de route ...



Vendredi 5 février
1999

En continuant la mise à jour du site, nous nous apercevons que l'appareil photo numérique ne fonctionne pas très bien. Sur le coin en haut à gauche, il existe une trace rose assez gênante qui apparaît sur toutes les photos. Le magasin Epson de Santiago a dû générer un nouveau problème en effectuant la réparation. Il faut donc le ramener. Malheureusement, l'appareil ne sera rendu que mardi dans l'après-midi. Nous travaillons sur la mise à jour du site jusqu'à 2 heures du matin afin de respecter la date fixée.


Samedi 6 février 1999

En consultant nos messages e-mail, nous apprenons que l'école de la Houille Blanche n'est toujours pas connectée à Internet. Fort heureusement, les professeurs effectuent des impressions du site chez eux, ce qui leur permet de distribuer des photocopies à leurs élèves. Félicitations aux professeurs et aux élèves qui auraient pu se désintéresser du projet mais qui continuent de participer activement. Il faut espérer que vos problèmes de connexion se régleront rapidement. Nous avons du mal à croire que depuis notre départ, vous n'avez toujours pas accès à Internet…

Dimanche 7 février 1999

Nous avons décidé de partir pour le week-end à Valparaiso, au nord de Santiago. Un rendez-vous a été fixé avec Maud-Andrée au terminal de bus. Manque de chance, il en existe plusieurs à Santiago et le rendez-vous tombe à l'eau. Il faut partir à Valparaiso sans elle.

Cette ville est la seconde plus grande agglomération du Chili, et fut autrefois l'un des ports les plus importants d'Amérique du Sud. Malheureusement avec l'ouverture du canal de Panama, l'activité du port a considérablement diminué. Il y avait auparavant une classe de gens aisés qui vivaient dans de grosses bâtisses cossues et colorées. Récession oblige, ces personnes se sont progressivement déplacées vers d'autres villes. Les maisons sont toujours habitées, mais la plupart d'entre elles donnent l'impression d'être laissées à l'abandon. La ville s'étale sur deux niveaux : le quartier proche du port est assez triste avec ses édifices grisâtres et son quartier financier qui semble en décalage avec le reste de la ville. Sur les collines aux alentours, les maisons sont plus colorées et chaque rue est une invitation à la ballade. Pour accéder à la partie haute de la cité, on utilise des ascenseurs, ce qui est l'une des particularités de Valparaiso. Ces derniers sont au nombre de 14 et chacun détient sa propre histoire. Le soir, nous goûtons pour la première fois au vin chilien. Romain trouve qu'il ressemble fort à du jus de raisin, Fabrice quant à lui l'apprécie.

Lundi 8 février 1999

Ce matin nous rejoignons Viña del Mar, une ville attenante à Valparaiso. Tout le monde au Chili parle de cette station balnéaire très huppée. Nous y restons seulement une heure et sommes très déçus. Il y a des fast-food partout et l'endroit, très touristique, n'a rien d'authentique. Cette ville n'est même pas un Nice au rabais, tout juste une Grande Motte améliorée… Nous retournons à Valparaiso pour faire des photos, et rentrons ensuite à Santiago.

Mardi 9 février 1999

C'est un jour un peu particulier puisque Laure et Laurence doivent arriver à l'aéroport de Santiago. Elles sont toutes deux originaires de Haute-Loire. Laurence a fait ses études à Grenoble en même temps que Fabrice. Laure est une de ses amies d'enfance, elle exerce la profession de sage-femme à Moutiers. Toutes deux sont ici pour un mois et demi et nous allons découvrir ensemble la Patagonie chilienne et argentine. Pendant que Fabrice s'empresse d'aller les accueillir à l'aéroport, Romain va chercher l'appareil photo chez Epson. Mauvaise nouvelle, ils n'ont pas trouvé l'origine de la rayure rose. Romain insiste pour que les techniciens cherchent à nouveau la cause de ce dysfonctionnement. Nous devrons attendre le lendemain matin pour savoir ce qu'il en est.

Laure et Laurence ont des sacs très chargés. En effet, elles emportent dans leur bagage une tente, un réchaud mais aussi et surtout, pleins de produits du terroir dont nous rêvons depuis des semaines : foie gras, saucissons (x3), viande séchée, chocolat, beaufort, une moitié de tome, des caramels, etc.… Une vision idyllique s'offre à nous après 4 mois de voyage. Nous en rêvions, elles l'ont fait ! Merci à tous les donateurs (Laurence, Laure + familles Fournier et Carquex). Le soir, nous n'avons qu'une seule envie, s'emparer de nos "opinels " pour faire un véritable carnage !


Mercredi 10 février 1999

Nous profitons de la journée pour faire une visite de Santiago tous les quatre. Les filles trouvent la ville très bruyante. En effet, il y a beaucoup de monde dans les rues et les bus défilent sans arrêt. La ville a beaucoup de points communs avec une capitale européenne. Après un coup de fil au magasin où se trouve notre appareil, le technicien nous informe qu'il a trouvé la panne. Après avoir récupérer l'appareil, tout semble marcher à merveille à présent. Nous sommes Heureux ! A 21h30, un bus de nuit nous amène plus au sud, dans la ville de Villarica.

Jeudi 11 février 1999

Villarica est une petite ville tranquille située au bord d'un lac qui porte le même nom. Un camping se trouve tout proche de l'eau, c'est parfait. Comme il est impossible de résister à l'appel du lac, nous nous baignons. Fabrice en profite pour faire quelques photos du volcan Villarica, situé à une quarantaine de kilomètres plus à l'est. Les filles ont encore une peau toute blanche puisque c'est l'hiver en France. D'ailleurs, elles nous ont appris qu'il y avait plus d'un mètre de neige en Savoie ! Une heure au soleil suffit à leur brûler la peau… La propreté des lieux est étonnante : l'environnement semble parfaitement respecté, les eaux sont claires, des poubelles et des panneaux en bois sont placés régulièrement le long des chemins.

De retour au camping, nous transférons les images de l'appareil vers l'ordinateur et à ce moment précis, c'est une terrible déception : toutes les photos prises en extérieur sont surexposées et donc inutilisables ! Nous avons vraiment la poisse… Le magasin de Santiago a certainement dû engendrer un nouveau problème. Après quelques minutes de dépit, une solution provisoire s'impose: un verre teinté placé devant l'objectif servira de filtre !

Vendredi 12 février 1999

De Villarica, nous prenons un bus jusqu'à Pucon, au pied du parc national Villarica. Une randonnée de 3 jours débute à cet endroit. En arrivant à l'entrée du parc, les gardes forestiers ne sont pas là. De ce fait, nous ne payons pas les droits d'entrée. Cela signifie également qu'aucune carte détaillée n'est à notre disposition. Le temps est couvert et le brouillard est assez dense en hauteur.

Les premiers kilomètres se font dans une vallée ordinaire puis vient la première montée. La végétation change alors brusquement et nous apercevons des épineux aux formes étranges. Bientôt nous traversons une épaisse nappe de brouillard et un crachin très fin nous rafraîchit. Il n'est vraiment pas évident de s'orienter dans de telles conditions et nous avons du mal à savoir où nous sommes.

Notre point de chute aujourd'hui devrait être la " Laguna Azul ", à 18 kilomètres du point de départ. Nous marchons, nous marchons, encore et encore mais n'apercevons toujours pas les rives du lac. Nous traversons des paysages tantôt volcaniques, tantôt boisés et humides mais toujours pas de lac à l'horizon. A présent, le temps maximum préconisé par notre livre est largement dépassé, il commence à se faire tard. Après 7 heures de marche, nous ne sommes plus certains d'être sur le bon chemin… Nous campons tout près d'une source d'eau ce soir en espérant que le temps sera plus favorable demain…


Samedi 13 février 1999

Ce matin il fait grand beau. Laurence et Fabrice partent les premiers à la recherche du lac. Lorsqu'ils reviennent au campement, ils sont heureux d'annoncer que nous ne sommes pas égarés et que la " Laguna Azul " n'est pas très loin. Nous déjeunons et décollons vers les 12 heures ce qui est un peu tard pour des montagnards… La vue sur le volcan Villarica est magnifique. Bien qu'à seulement 2700 m, il est recouvert de séracs et de neige. 1h30 plus tard les rives du lac sont atteintes.

Aux alentours, de nombreuses coulées de lave ressemblent à des avalanches. Nous traversons le champ de lave et nous dirigeons petit à petit vers notre prochain campement. Les paysages changent rapidement, une étendue désertique se profile au loin. Nous avons l'impression d'être dans le Sahara. Un vieux cratère éteint se découvre à notre droite. Il décrit un cercle quasi parfait. Vers 19 h 30 nous établissons notre campement au bord d'une cascade et d'un bosquet. L'endroit est un peu exposé au vent mais il fera l'affaire.


Dimanche 14 février 1999

Dernier jour. Après 42 kilomètres de randonnée, le poste frontière de Puesco est atteint. Les jambes sont un peu lourdes. Le prochain bus pour Villarica est à 7 heures demain matin ! Heureusement, nous pouvons monter à l'arrière d'une camionnette et rejoindre notre camping. En guise de récompense, nous nous offrons un bon restaurant, une règle à laquelle nous ne dérogeons jamais après une randonnée…

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