Carnets
de route ...
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Vendredi 26 février 1999,
A Puerto Natales, l' " hospedaje Don Bosco " est l'endroit idéal pour
préparer notre trek dans le parc national " Torres del Paine ". Tous
les matins, un petit déjeuner très copieux est servi : pains,
gâteaux et crêpes fait maison
un véritable régal
! Les filles en profitent pour récupérer la recette du pain.
Vous allez d'ailleurs pouvoir vous exercer chez vous puisque la voici :
- 1 kg de farine, - 3 cuillères à café de levure de boulangère, - 1 cuillère à café de sel, - un pot de yaourt d'huile, - " 1 / 2 à 3 / 4 " de litres d'eau tiède,
Mélanger la farine avec la levure, le sel, et l'huile, puis ajouter l'eau tiède petit à petit jusqu'à obtenir une pâte souple qui ne colle pas aux mains. Pétrir la pâte une dizaine de minutes de façon à la raffermir. Il faut laisser reposer la pâte environ 45 minutes (sur les conseils de notre cuisinière, il est préférable de la laisser reposer à l'intérieur d'un sac plastique pour qu'elle lève bien ).
La pâte ayant désormais pris du volume, il faut maintenant former les pains. Avec un quart de la pâte, on va former une boule que l'on va pétrir à nouveau quelques minutes. On répète 4 fois l'opération de manière à former nos 4 pains.
Il faut ensuite disposer les 4 boules dans le four sur une plaque que l'on
aura préalablement huilée (bien penser à laisser de
l'espace entre les pains car ils gonflent
). La cuisson dure 30 à
45 minutes mais il est bon de jeter un il régulièrement
car si les pains sont bien dorés, cela veut normalement dire qu'ils
sont cuits ! Voilà, c'est prêt, vous venez de réaliser du pain comme le font les gens en Patagonie chilienne !
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Laure et Laurence ont planifié à l'avance la quasi-totalité de nos repas pour les 8 prochains jours. Ainsi, elles savent exactement les aliments à acheter, ce qui nous fait gagner du temps et de l'argent ! Romain et Fabrice, quant à eux, travaillent sur la mise à jour du site Internet. Ils rencontrent d'ailleurs pas mal de problèmes techniques, ce n'est pas si facile de se connecter depuis le " bout du monde " |
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Comme c'est notre dernier soir avant le " grand départ ", nous fêtons l'anniversaire de Romain, un peu en avance il est vrai car il est né le 28 février Le sac à dos qui le suivait partout depuis déjà plus de 5 ans a " rendu l'âme ". Nous lui en offrons un plus technique, d'une capacité suffisante pour qu'il puisse s'en servir lors de nos futures randonnées. Romain décide d'ailleurs de l'utiliser dès ce soir puisque nous commençons à constituer nos sacs pour "l'expédition Torres del Paine ". Même en cherchant à optimiser le nombre et le poids de nos affaires, nos sacs à dos sont monstrueux, environ 15 kg chacun ! Rien à faire, il faudra attendre de manger les provisions pour que la charge diminue
Samedi 27 février 1999
Le parc national Torres del Paine est situé à 150 kilomètres au nord est de Puerto Natales. Il se situe dans l'extrême sud de la Cordillère des Andes, à la frontière avec l'Argentine. Créé en 1959, il fut classé réserve de la Biosphère par l'Unesco en 1978. C'est sans aucun doute l'un des plus beaux parcs du Chili : la diversité des paysages (steppes, forêts, montagnes, glaciers, lacs et cascades), la richesse de la faune et de la flore, en font un paradis pour les amoureux de la nature et les amateurs de randonnées. La superficie est de 242 000 hectares et le site abrite de nombreuses espèces animales et végétales.
Le trajet depuis Puerto Natales nous permet de découvrir les premiers paysages de "pampa " (immenses étendues d'herbes jaunes). Les vents balayent ces prairies avec des rafales qui peuvent parfois atteindre les 180 km/h. A proximité du parc, nous découvrons des animaux qui nous sont peu familiers. En effet, des " Nandous " (sorte d'autruches), puis des " Guanacos " (espèce de Lamas), nous regardent passer sans crainte : les bus de touristes semblent faire partie de leur environnement !
Depuis la piste, il est possible d'apercevoir des groupes de flamants roses autour des nombreux lacs. La Laguna Amarga nous dévoile ses eaux d'un vert émeraude exceptionnel. Nous sentons petit à petit que la nature est ici majestueuse. |
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Le bus nous dépose à l'entrée du parc. Une affiche nous met en garde et nous donne la conduite à tenir en cas de rencontre avec un Puma La conclusion est très pertinente : en cas d'attaque, il faut combattre le puma violemment ! ! ! On n'y aurait pas pensé
Nous nous rendons au premier campement, situé à 7 km de l'entrée. Le temps est très couvert, et c'est sous la pluie qu'a lieu notre premier repas. Nous sommes pessimistes quant à la météo des prochains jours.
Dimanche 28 février 1999
Au réveil, nous réalisons avec surprise qu'il fait grand beau.
Bien malin qui saura prédire le temps en Patagonie
La première
étape va nous servir d'échauffement : il est possible de laisser
les sacs au campement, et de faire un aller-retour jusqu'au "mirador " (point
de vue) afin d'admirer les superbes Torres del Paine (Tours du Paine). Une
vallée verdoyante conduit jusqu'au pied d'une moraine, vestige de
l'époque glaciaire. 45 minutes de montée très raide
seront nécessaires pour atteindre le Mirador.
Se dressent alors devant nous trois énormes pics de granit, d'une verticalité impressionnante. Le spectacle est admirable d'autant plus que sur notre droite un couple de condors plane dans les airs. Ces oiseaux majestueux ont une envergure qui peut atteindre trois mètres ! En regardant les 3 tours se détacher à merveille dans le ciel bleu, il est facile d'imaginer la joie intense que doivent ressentir les alpinistes en atteignant leur sommet. Nous restons plusieurs heures sous le soleil, ébahis par le spectacle qui nous est offert.
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De retour au campement, nous profitons d'un feu de bois pour manger avec un voisin israélien dénommé " Homer ". Laure et Laurence font fondre des petits morceaux de fromage sur du pain préalablement grillé, un régal rappelant la nourriture savoyarde Vers 23 heures, alors que tout le camping s'est endormi paisiblement, une scène étrange survient. En effet, depuis nos tentes respectives, nous devinons qu'une dispute se déroule non loin de là. De violents coups de poings sont échangés puis des injures et des menaces font planer une atmosphère très étrange sur le camping. Nous avons l'impression que quelque chose de grave se produit puisque des mots comme "prison, fou, mort " sont prononcés. Une personne apparemment ivre déambule dans le camping et n'hésite pas à entrer dans les tentes des campeurs. Il semble être à la recherche de son compatriote " Travis " qu'il appelle à tue-tête. Tous les campeurs seront réveillés car la scène se prolonge jusqu'à 2 heures du matin. Il sera difficile de retrouver le sommeil
Lundi 1er mars 1999,
Ce matin, tout le camping découvre le visage des 2 perturbateurs de
la nuit dernière. Ce sont deux américains qui n'ont vraiment
pas l'air malin et surtout qui n'ont absolument pas honte. L'un est encore
ivre et semble avoir très mal à la main, quant au second il
boite et n'ira donc pas loin dans " Torres Del Paine ". Tant mieux ! Aujourd'hui
nous entamons notre vraie première journée de marche. Les sacs
sont vraiment lourds avec toute la nourriture qu'il est nécessaire
d'emmener. Bien que le temps soit couvert, il est possible d'admirer les
vallées environnantes.
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Après 3 heures de marche nous atteignons le campement du refuge Seron. Le garde des lieux se prénomme Eric. Cette personne véritablement sympathique, compose et joue de la guitare à merveille et ce en dépit d'une 3ème corde récalcitrante. Le soir, en sa compagnie nous assistons au levé de la lune derrière les montagnes du Paine. Eric accompagne cet événement à la guitare un moment inoubliable. |
En plus d'être excellent musicien, Eric est très bon cuisto. Il tient absolument à ce que nous goûtions les " Sopaypillas " qu'il a fait (sorte de bugnes). Un régal.
Mardi 2 Mars 1999,
Avant de repartir, nous passons devant le refuge afin de saluer Eric. Ce
dernier ne laisse pas partir ses hôtes d'un soir sans un sac rempli
de " Sopaypillas ". Merci.
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Ce matin le temps est mitigé mais il ne pleut pas. Parfois le soleil apparaît et cela change tout. Des paysages qui passaient inaperçus prennent une dimension nouvelle. Le souffle du vent conjugué à l'apparition du soleil crée comme une vague qui déferlerait sur la Pampa, et qui laisserait derrière elle un paysage nouveau à découvrir. Les couleurs, mélange de jaune et de vert, sont sublimées. La luminosité exceptionnelle révèle et met en valeur la texture et les détails des éléments naturels qui nous entourent. Nous sommes bouche bée de constater à quel point la nature est belle. |
Le campement ce soir doit se faire au " Lago Dickinson ". Après de nombreuses heures de marche et une dernière petite butte à franchir, nous atteignons un " mirador ". Au loin, des montagnes, un glacier et un lac aux courbes sinueuses composent un paysage parfait.
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Mercredi 3 Mars 1999,
La majeure partie de l'étape se déroule dans la forêt.
Le changement de décors est sympa et d'autant plus appréciable
qu'il pleut des trombes et que nous sommes à peu prés
abrités. Malheureusement, avant d'arriver au campement, il faut franchir
à découvert une moraine du haut de laquelle il existe une vue
magnifique sur le glacier " Los Perros ". A cet instant, la pluie redouble
de violence ce qui fait que nous arrivons trempés au campement. Pendant
la nuit, le sol étant glacé, il sera impossible de fermer
l'il.
Jeudi 4 Mars 1999,
Aujourd'hui au programme, certainement l'étape la plus dure du trek.
Après la traversée d'une zone très marécageuse,
il reste à franchir un col situé a 1500m. L'ascension se fait
à un rythme assez élevé et nous rattrapons un bon nombre
de groupes qui s'étaient levés plus tôt.
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Arrivés au sommet, le spectacle est grandiose : Le glacier " Grey " se fraye un chemin au milieu des Andes. Les pics de glace jaillissent de cette masse énorme et possèdent une couleur bleu transparent unique. Ce mastodonte appartient au " Campo de Hielo Sur " (Champ de glace sud) 3éme plus grande masse de glace dans le monde après l'Antarctique et le Groenland. |
Vendredi 5 Mars 1999,
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Le chemin qui conduit jusqu'au refuge Grey offre de nombreux points de vu qui permettent d'apprécier sous toutes ces coutures le géant de glace. Le sentier est toutefois très éprouvant et s'apparente à un véritable parcours du combattant. Il faut se courber, se baisser, et franchir de nombreux troncs d'arbre qui jonchent le sol. Lorsque nous atteignons le refuge Grey, la fatigue se fait ressentir mais un superbe ciel bleu récompense nos efforts. |
Nous faisons une halte et déjeunons sur les rives du Rio Grey. Sur la rivière, des icebergs détachés du glacier flottent au grès des vents et des courants. |
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Le soir nous rejoignons un ultime refuge dont le campement est très exposé au vent. Les rafales sont extrêmement violentes et donnent des frissons dans le dos. Nous les entendons arriver du fin fond de la vallée, elles se déplacent, s'approchent et lorsque qu'elles passent devant les tentes elles sont à deux doigts de tout emporter.
Samedi 6 Mars 1999,
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Dernier jour de randonnée. Les 20 derniers kilomètres pour se rendre jusqu'à l'administration du parc sont rendus épuisants par un vent latéral puissant qui nous déséquilibre. Nous arrivons après 4h30 de marche. Le microbus qui fait le trajet jusqu'à Puerto Natales passe à travers le parc national et les panoramas sont exceptionnelles qu'il doit être agréable de visiter le parc en 4x4 ! |
Dimanche 7 Mars 1999,
Journée de relâche pour récupérer de tous les efforts accumulés durant la semaine dernière. Les filles tentent de préparer des " Sopaypillas ". C'est un véritable succès surtout celles fourrées au chocolat. Bravo !
Lundi 8 Mars 1999,
Nous décidons ensemble de la suite du voyage. Comme nous avons pris un peu de retard dans notre périple, il faut faire une croix sur Punta Arenas et sur Ushuaia. Demain, nous traverserons la frontière pour aller dans la petite ville de El Calafate d'où partent toutes les excursions vers le glacier " Perito Moreno ".