COMMUNICATION SUPPLÉANTE ET ALTERNATIVE
Ce document fut développer comme projet de page web(en collaboration avec Paul Smith-Enseignant Labrador City et Kim Harris-Orthophoniste en Bolivie)pour un cours via Internet-- "Introduction to Adaptive Computer Technology" offert à l'U de T-SNOW SITE. Traduction de Germain Pitre

Définition
La communication suppléante et alternative (CSA; en anglais : augmentative and alternative
communication ou AAC) fait référence aux techniques et procédés conçus pour appuyer,
rehausser, augmenter et faciliter la communication des personnes muettes. Elle peut aussi
servir à compléter les aptitudes verbales existantes.
Avantages
La capacité de comprendre et de communiquer avec les autres constitue la base même du
développement de relations valables et la satisfaction de nos besoins humains fondamentaux.
Utiliser la CSA comporte de nombreux avantages :
Pour les utilisateurs et utilisatrices de la CSA :
Améliore l'intelligibilité de la parole;
Contribue à organiser la parole;
Améliore la qualité de la vie;
Augmente la santé et la sécurité;
Rend la personne autonome (auto-détermination et contrôle);
Favorise davantage de participation à tous les aspects de la vie : les études, les activités communautaires et l'emploi;
Mène à l'indépendance et l'inclusion;
Augmente le degré d'alphabétisation;
Rehausse l'estime de soi;
Réduit la frustration;
Peut diminuer les problèmes de comportement;
Change les attentes des autres par rapport aux capacités de l'enfant ou de l'adulte.
Pour la société :
Les utilisatrices et utilisateurs de la CSA ont davantage de probabilités de devenir des
membres financièrement autonomes qui contribuent à la société et des consommateurs et
consommatrices actifs réduisant ainsi la dépendance envers les programmes subventionnés
par le gouvernement comme l'assurance-emploi et l'aide financière aux personnes
handicapées.
Le recours à des appareils et accessoires fonctionnels peut promouvoir et accroître
indirectement la conscience, l'acceptation et la tolérance des diversités.
RENSEIGNEMENTS :
Qui peut utiliser la CSA? (Certains exemples seulement)
Les personnes ayant des affections congénitales :
Infirmité motrice cérébrale;
Déficience mentale;
Autisme;
Surdi-cécité;
Apraxie.
Les personnes ayant des affections acquises :
Lésions cérébrales traumatiques;
Accident cérébrovasculaire;
Traumatismes de la colonne vertébrale.
Les personnes ayant des affections neurologiques progressives :
Parkinson;
Sclérose en plaques;
Dystrophie musculaire.
Comment choisir un système ou un appareil
Équipe de la CSA : Le choix d'un système de communication devrait être une tâche
interdisciplinaire. Il devrait aussi adhérer à la philosphie de la qualité de la vie et faire partie de la
démarche de planification centrée sur la personne. L'idéal serait que le choix d'un accessoire de
communication se fasse conjointement avec :
L'utilisateur ou utilisatrice de la CSA, ses parents, sa famille, son conjoint ou sa conjointe, ses amis ou amies;
Le personnel du foyer ou du programme de jour;
Les orthophonistes;
Les physiothérapeutes;
Les techniciens ou techniciennes de la rééducation;
Les programmeurs ou programmeuses d'ordinateur;
Les bénévoles.
Principes directeurs du choix : Il faut tenir compte de nombreux facteurs et prendre de
nombreuses décisions lorsque l'on choisit et que l'on établit un système de CSA.
Pour veiller à ce que le système choisi ne limite pas les options de l'usager ou usagère, mais qu'il
rehausse plutôt sa capacité, l'on doit considérer certains facteurs d'ordre philosophique et
pratique.
Facteurs d'ordre philosophique
Âge chronologique : Le vocabulaire et le système doivent être choisis en fonction de l'âge
chronologique de la personne, lui permettant ainsi de participer aux activités et de communiquer
avec ses camarades. On ne devrait considérer l'âge mental qu'à des fins d'enseignement.
Fonctionnalité : Veillez à ce que l'individu utilise le système de façon valable. Le système doit
être conçu de façon à permettre à la personne de fonctionner dans le monde réel et de se faire
inclure dans tous les aspects de la vie quotidienne. L'utilisateur ou utilisatrice doit être en mesure
d'indiquer son choix et ses préférences lorsqu'il ou elle prend part aux activités.
Interactions : Pour être en mesure de communiquer efficacement, les gens doivent être capables
d'expédier et de recevoir des messages. Le système choisi doit le leur permettre. L'usager ou
usagère doit aussi être en mesure d'en généraliser l'utilisation. En d'autres mots, la
communication doit se faire à l'extérieur du cadre clinique et du foyer.
Portée sociale : Le système doit rehausser la position sociale perçue de l'utilisateur ou
utilisatrice, non pas perpétuer des stéréotypes.
Compétences requises : Le processus de l'interaction doit rester le point de mire de
l'enseignement.
Pluralisme : L'utilisation de plus d'un système est importante et elle donne à l'usager ou usagère
l'occasion de varier sa capacité de communiquer dans diverses situations ou milieux.
Milieu naturel : L'apprentissage et la communication se font le mieux à l'extérieur du cadre
didactique. Les événements et les interactions journaliers sont de formidables occasions
d'apprentissage.
Préférences : Si l'on suit la philosophie de la qualité de la vie et la démarche de planification
centrée sur la personne, l'usager ou usagère doit être en mesure d'indiquer ses préférences en ce
qui a trait aux symboles utilisés.
Considérations d'ordre pratique
Portabilité du système :
Comment le transportera-t-on?
Quelles sont les limites quant à la taille et au poids?
Auditoire :
À qui l'usager ou usagère enverra-t-elle ou il des messages et de qui en recevra-t-elle ou il?
Les gens pour qui le système n'est pas familier peuvent-ils comprendre le sens du message?
Expansion : (Points à considérer)
Possibilités de longs énoncés;
Disponibilité des symboles;
Expansion et encombrement;
Procédures pour donner son avis au sujet de l'expansion;
Démarche d'évaluation du succès;
Problèmes et expansions à venir.
Entretien et réparation :
Routine de nettoyage;
Responsabilité.
Évaluations globales : Il faut faire des évaluations en règle dans des domaines variés pour veiller
à ce que le système réponde au besoin de la personne, par exemple, l'évaluation du visual
tracking, les préférences au sujet des mains, le balayage, les aptitudes langagières fondamentales
de réception.Les systèmes de CSA
On se sert de nombreux termes pour définir les divers systèmes utilisés pour la CSA :
Non technologique (no tech),
Technologie rudimentaire (light tech),
Technologie de pointe (high tech),
Non aidée (unaided),
Aidée (aided),
À sortie vocale (voice output).
La plupart des systèmes, toutefois, sont appelés soit système de communicationn « non aidée »,
soit « aidée ».
La CSA non aidée : consiste en des symboles ou des systèmes qui ne requièrent pas d'aides, ni
d'appareils. Au lieu, on fait appel à des gestes, aux expressions faciales ou aux parties du corps
pour faire passer le message (gestuel, manuel, signe). La CSA non aidée peut se diviser en
différents groupes : (non technologiques)
Symboles non aidés : Les gestes et la vocalisation
Gestes : Ceux-ci comprennent les illustrateurs, les manifestations affectives, les régulateurs
et les adapteurs :
1. Illustrateurs : comportements non verbaux qui accompagnent la parole pour illustrer ce que l'on dit.
2. Manifestations affectives : utilisation des mouvements du corps ou de l'expression faciale pour véhiculer des émotions et des sentiments.
3. Régulateurs : comportements non verbaux qui régissent la conversation entre les interlocuteurs ou interlocutrices.
4. Adapteurs : comportements appris, utilisés à part par un individu et qui ne servent pas à
véhiculer des messages.
Vocalisation : sons utilisés pour remplacer la parole et transmettre des messages
Symboles non aidés : Les codes gestuels
Les codes gestuels n'ont pas de base linguistique comme la langue des signes. Certains
exemples de codes gestuels sont :
Épellation digitale (ou dactylologie) : 26 configurations manuelles particulières.
Amer-ind : fondé sur l'American Indian Hand Talk, il consiste en 250 notions équivalentes à 2 500 mots anglais.
Langage complété (ou langage souligné) : consiste en huit (8) configurations manuelles pour les consonnes et quatre (4) pour les voyelles.
Système gestuel de White pour les membres inférieurs : 125 signes de jambe utilisant les
jambes, les orteils, les genoux, les cuisses, les chevilles et les mollets pour faire passer
des messages.
Symboles non aidés : Les systèmes de signes manuels
Les systèmes de signes manuels ont été développés à l'intention des personnes sourdes. Des
individus ayant de graves troubles de la communication peuvent aussi se servir de certains de
ces systèmes.
Certains systèmes de signes manuels communs sont :
la langue ASL ou American Sign Language (langue gestuelle américaine);
la LSQ ou langue des signes québecoise;
la LSF ou langue des signes française;
« l'anglais signé » (Sign English);
« l'anglais signé » (Signed English);
« l'anglais signé exact » (See-2 ou Signed Exact English);
le « français signé »;
le « pidgin » (Langue quelquefois utilisée par les interprètes gestuels, et qui se situe entre
la LSQ (langue des signes québécoise) utilisée par les francophones canadiens, et la LSF
(langue des signes française) utilisée en Europe.).
La CSA aidée (technologie rudimentaire, moyenne, de pointe)
La CSA aidée fait référence à des systèmes qui exigent de l'aide, un appareil ou du matériel
électrique externe. La CSA aidée comporte quatre (4) catégories :
1. Systèmes de communicaton par objets (Object Communication Systems) : Représentation
grandeur nature ou miniature d'objets familiers.
2. Systèmes de symboles représentationnels : Symboles qui suggèrent d'ordinaire leur
signification. Ils peuvent être des pictogrammes (images, photographies) ou des
idéogrammes (idées). En voici des exemples :
PIC ou Pictogram Ideogram Communication (communication par pictogrammes et idéogrammes);
Rébus;
Picsyms;
Symboles Bliss.
3. Systèmes à symboles abstraits : Symboles dont l'apparence ne reflète pas le sens. Par
exemple :
Yerkish-Lexigram;
Symbolique Bliss.
4. Codes linguistiques symboliques : Codes qui représentent des lettres ou des sons d'une
langue. En voici des exemples :
Orthography;
Braille;
Code Morse.
Une fois l'ensemble de symboles choisi, il faut avoir recours à la bonne aide ou au bon
appareil externe pour répondre aux besoins et aux habiletés de l'usager ou usagère. Ces
appareils peuvent être de technologie rudimentaire, moyenne ou de pointe.
L'organisation des symboles et la mise en place de ces appareils se fondent sur les
capacités cognitives, visuelles, physiques, langagières et sociales des individus.
Voici des exemples de matériel de technologie rudimentaire, moyenne et de pointe. Cette
liste est partielle :
Technologie rudimentaire
Peut se définir le mieux comme tout ce qui n'utilise pas l'électricité ou
l'électronique :
Symboles tangibles;
Images;
Tableaux de photos;
Livres;
Tableaux de communication par symboles;
Cartes de communication;
Cadres ETRAN;
Porte-feuilles de communication;
Tableaux d'épellation;
Tableaux de communication pliants.
Technologie moyenne
Consiste en des appareils qui comportent certains éléments électriques (piles ou
commutateurs, interrupteurs) :
Tableaux à pointeur (pointer boards);
Interrupteurs actionnant des appareils simples comme des enregistreuses à cassettes;
Livres-cassette.
Technologie de pointe
Consiste en des appareils électroniques spécialisés :
Clock Communicators : Aides techniques de communication par balayage, par
exemple :
Comboard (Tash, Inc.);
Dial Scan (Don Johnston Development Equipment).
Appareils de communication par balayage électronique : Images, icones ou
caractères qui sont isolés, ex. :
E-Tran Scanner (Arroyo & Associates);
Zygo Model 16C (Zygo Industries);
ScanPAC (Adaptative Communication Systems Inc.).
Appareils de communication électronique à clavier : Entrée directe d'un
clavier, ex. :
Cannon Communicator (Cannon U.S.A. Inc.);
Real Voice (Adaptative Communication Systems Inc.);
Talker 11 (Intex Micro Systems Corporation).
Communicateur à compartiments : Consiste en des compartiments où l'on
peut déposer des objets à trois dimensions. Le balayage ou le choix direct
servent à choisir l'article désiré, ex. :
Sequential Scanner (Toys for Children, Inc.);
Quad Talk (Crestwood Co.).
Systèmes de communication à sortie vocale : Systèmes fondés sur le micro-ordinateur, ex. :
DynaVox (Sentient System Technology);
SpeechPad (Rx Design);
Talking Board (Words+, Inc.).
CSA non aidée
| Aucune difficulté de portabilité | Nécessité d'une bonne motricité pour les signes |
| On peut transmettre le message rapidement. | Ne convient pas aux personnes ayant des déficiences mentales graves ou profondes. |
| Toute l'attention de l'auditeur ou auditrice est requise. | La plupart des gens dans un milieu intégré ne comprennent pas les signes. |
| Améliorer le contact occulaire. | |
| Apprentissage de la structure grammaticale | |
| Amélioration du langage réceptif |
CSA aidée
| Souplesse | Peut être volumineux, lourd; problèmes de portabilité |
| Richesse de la communication | Coûteux |
| Adaptable aux besoins moteurs et sensoriels | Le tracking est nécessaire, par exemple, rechargeurs de piles, chariots de transport |
| Reserre les rapports sociaux | Possibilité de défaillance technique |
| Le vocabulaire doit être personnalisé en fonction des usagers ou usagères et des situations. | L'auditeur ou auditrice doit se concentrer sur l'écran, non pas sur l'individu. |
| Les enfants, les gens qui ne lisent pas ou qui ont des déficiences graves peuvent l'utiliser. | L'efficacité dépend de l'état de l'usager ou usagère, par exemple, la fatigue. |
| Exige un minimum de mouvements | L'expansion de vocabulaire peut être difficile. |
Sources :
Beukelman, D., Mirenda, P. Augmentative and Alternative Communication : Management of
Severe Communication Disorders in Children and Adults. Baltimore, MD : Paul H. Brooks,
1992.
Baumgart, D., Johnson, J., Helmstetter, E. Augmentative and Alternate Communication Systems
for Persons with Moderate and Severe Disabilities. Baltimaore, MD : Paul H. Brooks, 1990.
Cottier, C., Doyle, M., Gilworth, K. Functional AAC Intervention : A Team Approach. Imaginart
International, 1997.
Heward, W. Exceptional Children : An Introduction to Special Education. Upper Saddle River, NJ : Prentice-Hall, 1996.
Un merci particulier à Paul Hale,Orthophoniste,Centre de Traitement pour Enfant,Sudbury,Ontario.
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