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Le biographique


Les Heures Longues, Colette




EXPLICATION:

Sidonie-Gabrielle Colette, née en Bourgogne en 1873, morte en 1954. Contact avec la guerre : son père, Capitaine Colette, amputé de la jambeàdevenu percepteur. Contact avec le journalisme : à 20 ans, se marie avec un chroniqueur parisien, Willy, qui l’exploite pour écrire la série des "Clotilde". En 1910 commence une collaboration avec Le Matin. Les Heures Longues : articles d’Août 14 à Novembre 17, passage extrait du chapitre "La Nouvelle".
Au contraire de Barbusse, posté au front, elle se trouvait à l’arrière et n’a enregistré que ce qu’elle voyait (elle ira rejoindre son mari au front en décembre). Pb : étudier la spécificité d’une écriture qui relève à la fois du texte journalistique et du texte littéraire, lui permettant de manifester sa sensibilité en fasisant revivrte un moment d’intense émotion collective.

I) L’annonce
· Element important : la scène dépasse par son retentissement le cadre étroit de St Malo àmoment exceptionnel de l’Histoire nationale (cf. formules laipdaires : "c’était la guerre" et "la mobilisation générale")
· Métaphore du "coup de tonnerre"à un cataclysme est entrain de se passer
· Evénement pressenti (cf. "où nous corions chercher des nouvelles"à fébrilité)
· St Malo = ville livrée à des activités banales :
- les enfants sont à la plage, ils remontent pour le goûter
- phrases nominales à insouciance générale
- variété des couleurs à joie collective
- détailes insignifiants, mais l’événement les grave dans la mémoire. Gravité (cf. question oratoire : "Comment oublierais-je ces heures-là ? ")
· Point de vue exceptionnel : Colette est sous le coup de la même émotion que le reste de la population. Observation limitée d’un point de vue social (cf. St Malo = ville de province), mais elle a simplement voulu rendre sensible un événement qui l’a marquée par son caractère terriblement humain.
· Intrusion brutale de la mort au milieu de la vie. à St Malo, lieu d’une tragédieà êtres métamorphosés sous l’effet de l’action toute puissante du destin.

II) Les réactions
L’événement n’est pas décrit. On passe de la mer au milieu de la cité d’où surgit le symbole de l’appariteur.
· Colette ne peut pas bien voire (bloquée dans la voiture), mais : signes plus important que réalité et d’ailleurs perceptibles avant (cf. "un beau jour voilé", "les rues étranglées").
· Point de suspensionà angoisse générale + nouvelle = choc et libération : la foule sait enfin, et sait qu’elle vit un événement qui la dépasse ; elle passe de l’ignorance à la connaissance.
· accès au centre de la cité = jaillissement de la nouvelle à émotion désordonnée (stupeur + fébrilité)
· bruits agressifs du tocsin, du tambour, des cris, des pleursà malheur commence
· image du bonheur vient de se briser
· ton haletantà panique, confusion (cf. pluriel insolite "vacarmes").
· Phrases brèves, rythme saccadé pour décrire les mouvements irrationnels de la foule.
· Abondance de verbes qui dénotent des attitudes contredictoires + figures de style (chiasme 13 et 14) à caractère incohérent et mécanique des réactions.
· Jeunessse paraît avoir vieilli car elle vit l’expérience de la mort.
· Perte radicale du sens (cf. comportement inhabituel d’escalader une voiture sans voir ses occupants).
· Guerreà paralyse les énergies, anesthésie les consciences
Art du récit remarquable. Observations d’une grande richesse psychologique car finesse dans la restitution des faits + délicatesse dans la perception des réactions (pour elles inoubliables : cf. paradoxe final).
è Connaissance de l’Hommeàconnaissance de soi
è Autobiographie + journalisme à souvenir fascinant et douloureux
è Valeur du mot solidarité.
è Guerre réduit les individus à néant mais elle peut aussi les faire devenir un peuple.


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