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Aide au Bac de Français




Visages du Classicisme
LA BRUYERE (1645-1696)

LES CARACTERES (1688-1696)




« De la société et de la conversation », 7, Acis


Le texte est le portrait d’un personnage qui s’exprime de façon obscure : Acis est un précieux démodé.

EXPLICATION:


I la confusion et la clarté

Portrait qui oppose, explicites, un état de fait, et implicites, l’Idéal de l’honnête homme.

a) dialogue
C’est un dialogue, ce sont la typographie, les apostrophes, les alternances de répliques qui le montrent : « dire », « répondre »
C’est un discours direct et non pas une leçon comme dans la seconde partie, on peut le voir aux marques de l’énonciation : « vous », « je »
simulation de dialogue : « Que dites-vous ? Comment ? Je n’y suis pas ; vous plairait-il de recommencer ? J’y suis encore moins.» : il n’y a que ce que dit l’un des interlocuteurs, le narrateur, qui est rendu perceptible aux les lecteurs => ce que dit Acis ne peut être compris.

b) reproche
double constatation :
- complication des mots : « pompeux galimatias », « vos phrases embrouillées », « vos grands mots qui ne signifient rien ».
ð il faut deviner ce que veut dire Acis, il est incompréhensible, prétentieux : c’est un anti-honnête homme
- désir de se distinguer des autres : il fait des objections à son interlocuteur (« Mais répondez-vous…. »), il parle non pas pour qu’on le comprenne, mais pour se démarquer.
Il n’est pas le seul à se comporter de cette manière : « vous et vos semblables les diseurs de phoebus » => « snobisme » (vanité) : Acis est un précieux démodé qui n’a pas su suivre l’évolution de sa société.
ð contraire d’un rêve de nature humaine universelle :
savoir-vivre : relation qui régie les hommes entre eux = bonnes manières + harmonie sociale.
On doit parler uniquement pour se faire comprendre.


II Des propos à la leçon

a) les moyens du narrateur (vie du dialogue)
- énonciation : « je », « vous » ; interrogations
- vocabulaire : « dire », « répondre », lieux communs de la conversation
- ellipses : « Que dites-vous ? Comment ? Je n’y suis pas ; vous plairait-il de recommencer ? J’y suis encore moins.» : 3 ou 4 répliques incompréhensibles parce ce qu’il y a deux interlocuteurs mais on n’en entend qu’un.
- structure en abyme : dialogue- cadre qui contient 2 autres échanges (guillemets). « dites »(impératif), « il pleut, il neige », « je vous trouve bon visage » : Acis utilise des formes compliquées pour exprimer des vérités élémentaires => leçon de français : version améliorée, plus claire des propos d’Acis.
« Une chose vous manque, Acis,…, c’est l’esprit » : le narrateur vexe Acis pour lui faire comprendre qu’il est ridicule.
« Ne songez point à avoir de l’esprit… » : impératif et défense => échange secret par les conseils.
La pointe : les personnes vaniteuses sont sans esprit.
ð forme dialoguée, vivante : met en acte les propos critiqués + correction. Critique du langage obscur , à la fois par l’illustration et la leçon.

b) Les interventions du narrateur
- leçon : contre l’ensemble des pédants « vous et vos semblables ».
Portait de l’honnête homme : se faire comprendre de tous, règle d’intelligence, de politesse, de cœur . Ne pas chercher à briller, à éblouir : « Ne songez point à avoir de l’esprit », « ayez, si vous pouvez, un langage simple » (l.17-20) en public : règle de discrétion, de modestie.


Conclusion

L’auteur manifeste son point de vue à travers celui du narrateur.
1) portrait satirique d’un homme ridicule :
- par son caractère prétentieux, vaniteux alors
- par le fait qu’il est l’anti-honnête homme
2) revendication d’un modèle : naturel, social et moral, rationnel, suit les règles, clarté
3) présence malicieuse du narrateur, visible dans la leçon et à la fin dans la pointe : la simplicité n’exclut pas l’esprit.

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