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Aide au Bac de Français




Visages du Classicisme
LA BRUYERE (1645-1696)

LES CARACTERES (1688-1696)




« de l’homme », 11, Gnathon


Dans le texte Gnathon, issu du chapitre De l’homme des Caractères, La Bruyère présente un personnage égoïste et il montre les conséquences de son comportement sur la société.

EXPLICATION:


I Le comportement égoïste de Gnathon

a) Par son comportement, Gnathon se démarque des autres hommes
1. La Bruyère présente Gnathon comme un personnage qui impose sa personne : insistance de sa personne par de nombreux verbes pronominaux réfléchis, MP « il »(3ème pers du sing, désigne Gnathon) sujet de toutes les phrases, sauf une où le cod se rapporte à sa personne « ses restes », le sujet de la même phrase est « les convives » : d’une manière générale, le singulier « Gnathon », « il », s’oppose aux pluriels de généralité « tous les hommes », « les convives », « les plus affamés », « plusieurs », « autrui », ce qui le démarque du reste des hommes => Gnathon est présenté comme le centre de la société (comportement égocentrique)
2. Gnathon impose ses manies par la répétition au cours du temps. L’emploi des présents de vérité générale montre que ses actes égocentriques sont des habitudes et que Gnathon rapporte tout à lui => état d’égoïsme contant
3. Gnathon s ‘impose d’une manière générale parce qu’il transforme le monde qui l’entoure comme il lui plaît : verbes d’action de transformation : « il se rend maître des plats », « il se fait … une manière d’établissement ».

b) En s’imposant, Gnathon impose le sacrifice des autres hommes
1. Par son attitude, il soumet son entourage à un comportement adapté, spécialement tolérant et patient. Le devoir présent par la nécessité « Il faut que ».
2. La Bruyère critique par Gnathon l’égoïsme en société. Il se place donc dans la société, et la représente => marques de jugement, subjectivité(restrictions, « embarrasse ») qui traduisent ce que pense la société de Gnathon, donc ce qu’elle endure.
ð Gnathon parvient à s’imposer parce qu’il profite des bonnes manières des autres, qui sont alors soumis. Il s’oppose donc par son égoïsme à la vie en société (lieux communs assimilés aux lieu personnels : « théâtre », « sermon », « chambre »).

c) Par son comportement, Gnathon se démarque de la nature humaine
Gnathon est présenté comme un corps sans âme.
1. C’est pourquoi ses besoins naturels priment :
- « Gnathon » signifie mâchoire en grec => besoin de manger
- Il n’est qu’un corps matériel => importance de son physique : « barbe », « roule les yeux », « mains », « manie », « remanie » => Gnathon réagit uniquement grâce à ses sens : La Bruyère l’assimile à un animal : « on le suit à la trace »(chasse : Gnathon=gibier), les verbes d’action « démembre », « déchire » caractérisent des actions violentes, propres à un être sauvage.
- Les besoins de Gnathon constituent une dépendance au luxe, cad une exigence importante vis-à-vis de lui (énumération d’actions : « qui lui conviennent », « prévient », « se consacre »,…). Cette exigence vis-à-vis de lui, marquée aussi par les restrictions(« que de ses mains », « que les places du fond ») qui se rapportent toutes à lui, s’oppose au sans-gêne vis-à-vis de la société marqué toujours par des négations (« ne leur épargne aucune »), qui se rapporte toujours aux autres.
2. C’est pourquoi li ne pense pas :
- « il oublie que »
- il ne pense pas car son attitude égoïste est constant chez lui jusqu’à ce qu’il ne puisse plus l’être matériellement : c’est l’impossibilité et non la modération qui le stoppe : « il voudrait pouvoir les savourer tous tout à la fois ».
3. c’est pourquoi il n’a pas de sentiments :
« il ne plaint personne », « il ne pleure point le mort des autres »
è La Bruyère montre que l’égocentrisme rapproche l’homme de l’animal, que c’est une tare intellectuelle.


II Les conséquence de l’égoïsme pour l’égoïste lui-même

a) La progression du texte
1. La Bruyère oppose Gnathon à « les hommes » en début de texte pour l’introduire.
Puis, il l’oppose à « les convives », puis à « plusieurs », « autrui », enfin à « le genre humain ». Les catégories de personnes opposées à Gnathon sont de plus en plus nombreux au cours du texte.
2. De même, Gnathon est d’abord présenté dans l’exemple précis de la table, du repas, puis dans d’autres exemples précis, marqués par la condition (« s’il fait un bon voyage »).
Enfin, il se retrouve par la suite mêlé à des sujets graves : « la mort », « l’extinction du genre humain », comme s’il en était la cause.
3. La Bruyère énumère aussi avec une progression les différentes tactiques de Gnathon pour vivre mieux :
- il s’impose : • vis-à-vis des autres (repas : « il occupe lui seul », « il se rend maître »)
• sans se soucier des autres (« et il continue à manger » => ses actions égoïstes lui paraissent naturelles et ne le gênent pas : peut-être ne se rend-il pas compte de son égoïsme)
- il ment (« si on veut l’en croire »)

b) malgré cette progression, le comportement de Gnathon reste constant
La présence de négations et de restrictions pendant tout le texte marque l’opposition constante entre la société et Gnathon, le présent de l’indicatif toujours visible marque un comportement égoïste constant.
D’une manière générale, La Bruyère cherche à montrer que Gnathon s’oppose à la société parce que, sans principes, il abuse des principes du comportement de son entourage bien élevé. Son comportement est déséquilibré.
è La Bruyère montre ainsi les conséquences dangereuses que peut avoir un compotement déséquilibré, constant, à longs termes.


Conclusion

La Bruyère montre que seul l’équilibre n’a d’autres conséquence que l’équilibre : sa leçon de morale montre que La Bruyère est bien un auteur classique.
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