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Aide au Bac de Français




Visages du Classicisme
LA FONTAINE(1621-1695)

LES FABLES (1668-1695)




Le Héron , Fable 4 du Livre VII




Introduction:


Le Héron est une fable inspirée de Phèdre (10 av.JC-54 apr. JC) où La Fontaine met en scène un héron qu’il s’attache à rendre ridicule. A travers cet animal qu’il personnifie, il se moque des travers de l’homme, il invite lecteur à la modération.


I Atmosphère bucolique

a) Cadre
Paysage propre à celui de la campagne : « une rivière »(v.3), « l’onde»(v.4), « l’eau »(v.13), « carpe », « brochet », « des tanches », « du goujon », « un limaçon ».
Temps des verbes : imparfait => stabilité du décor, mais il y a de l’activité dans ce paysage : « faisaient milles tours » v.5
Cadre de vie naturel d’un héron, mais ici, il est rendu artificiel.

b) Monde du conte de fée
« Un jour »(v.1) : indéfini du conte de fée
« l’onde »(v.3) : mot poétique => met en valeur le sujet, l’eau et non pas le héron
« aux plus beaux jours »(v.3) : pureté de l’eau ; vers monosyllabique => + plein, pur
« ma commère », « mon compère » : les animaux sont personnifiés
décalage entre le monde pur où existe le héron et le personnage qu’est le héron, lui n’est pas un honnête-homme.


II Le Héron est difficile à contenter => ridicule

a) Prompt à dédaigner
indices ponctuels : l’histoire évolue chronologiquement
« Le héron en eût fait aisément son profit »(v.7), « n’avait qu’à prendre »(v.8) : absence d’effort, pour son profit
« l’appétit vint » : passé simple, retour au récit, « appétit » est sujet, le héron est passif, c’est un facteur extérieur qui le pousse à être moins difficile mais il s’y refuse.
La Fontaine fait parler le héron au discours direct :
« moi » répété et « héron »(v.18) : mises en apposition=> son orgueil est blessé
« une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ? »(v.19) : nourriture vulgaire
« La tanche rebutée »(v.20) : temporel
« du goujon »(v.21) : article partitif répété
les répétitions et le discours direct montrent son indignation, le sentiment d’être méprisé alors que lui se sent supérieur.

b) Persuadé de sa supériorité
« emmanché », « longs pieds », « long bec », « long cou » (v.1-2) : répétition qui montre la hauteur du héron => hautain
voyelles nasales : lourdeur du caractère du héron
régularité du rythme : régularité de la marche
« mais »(v.9) : opposition entre son orgueil et la facilité qui s’offre à lui
« il crut mieux faire d’attendre »(v.9) : le héron est imprévoyant, il fait le difficile.
« il vivait de régime et mangeait à ses heures »(v.11) : prétention et avertissement au lecteur + imparfait=régularité de sa vie
ð personnage qui se prend au sérieux.
« tanches » (v.14) : mis en valeur au début du vers, allitération=> sonorité qui rend l’action des tanches. « demeures » => ampleur qui fait des poissons des êtres royaux
« mets »(v.15) : voc soutenu => La Fontaine gonfle l’importance du héron par sa nourriture, il refuse même des poissons « royaux »
« il s’attendait à mieux »(v.15) : imparfait => dans la durée, le héron s’estime tellement qu’il s’attend à mieux.
« dédaigneux »(v.16) : il méprise
Le héron a le sentiment d’être supérieur au monde entier, cette relativité est déplacée par son égocentrisme, c’est ce qui le rend ridicule.


III Regard de La Fontaine

<= intrusion de l’auteur dans la peinture du héron : il s’écarte de son personnage => regard objectif, il l’observe de façon désinvolte => ironie

a) Objectif
Fabuliste raconte une histoire, inspirée de Phèdre, de façon objective.
Leçon de modération aux hommes : généralisation, impératif : « Ne soyons », « Les plus », « On », Gardez-vous »(v.27-31).
ð voix de La Fontaine : il avertit les lecteurs.

b) Désinvolte
= légèreté
La Fontaine joue avec les indéfinis : « Un jour », « je ne sais où » (alors qu’il est l’auteur de cette histoire, il prétend ne pas savoir où se joue la fable => il se moque du lecteur), « on », « ma commère la carpe …le brochet son compère » (personnification).
Variété des tonalités : tragique ( « La faim le prit » : pas d’autre possibilité, il est réduit au limaçon s’il ne veut pas mourir de faim, opposition entre la vie et la mort), comique, ironique => il ne se prend pas au sérieux .
L’essentiel n’est pas dans la fable, l’essentiel est dans le plaisir de faire de la poésie pour La Fontaine, c’est contradictoire avec le héron qui lui se prend au sérieux : complicité, familiarité entre La Fontaine, le lecteur et le grand poète Horace (« le bon Horace »v.17).
ð amusement

c) Ironie
La Fontaine rappelle une fable de Horace. La comparaison est un outil propre à l’épopée, Le Héron n’est pas une épopée, l’auteur adopte donc un ton ironique.
La Fontaine fait le portrait du héron, il s’attache à le rendre ridicule parce qu’il a des travers propres :
- physique : silhouette ridicule : « longs pieds », « long bec », long cou », « emmanché » (le cou semble une pièce rapportée par rapport au reste du corps)
- psychologiques : égocentrisme, dédain, fausse délicatesse, exigence => personnage qui symbolise toute la méprise humaine.
Travers à portée morale car ce sont des travers d’hommes.


Conclusion

Les 5 vers de conclusion invitent le lecteur à la modération. Derrière les apparences, il y a des vérités : « Faites le difficile, et vous mourrez » leçon d’équilibre vital

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