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Aide au Bac de Français




Le Théâtre au 17e siècle
MOLIERE(1622-1673)

TARTUFFE (1669), Acte II, Scène 2




Sous le règne de Louis XIV se développe le classicisme entre 1630 et 1685, mouvement qui marque toute une pensée, et issu du pouvoir monarchique de droit divin en place. En effet, l’idéal classique, qui se retrouve dans toutes les formes d’art, est un idéal esthétique, fondé sur la clarté et l’équilibre. Les auteurs classiques donnent à leurs œuvres une portée morale par laquelle ils définissent l’honnête homme, l’Idéal de l’homme.


MOLIERE(1622-1673)
Molière est considéré comme le génie de la comédie.
De son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, fils d’un tapissier, il fait des études solides mais sa passion est le théâtre. Il fonde en 1643 la troupe de « l’Illustre Théâtre » dont il est le directeur, metteur en scène et acteur et écrit ses premières comédies vers 1655. En 1658, après une tournée en province, la troupe rentre à Paris et devient « Troupe de Monsieur ». Son premier succès est Les Précieuses ridicules en 1659, à partir de ce moment, Molière va devoir faire face à des opposants hostiles pour faire représenter chacune de ses pièces dans lesquelles il fait la satire des vices de sa société, de la politique et de la religion. Pourtant, il a la faveur du public et même du roi de France qui ne réussit pas toujours à protéger son auteur favori, dont la troupe acquière en 1665 le titre de « Troupe du roi ». Vers la fin de sa vie, Molière écrit des comédies proches de la farce (L’Avare, Les Fourberies de Scapin) et des comédies-ballets (Le Bourgeois gentilhomme, Le Malade imaginaire). Il meurt en 1673 au cours d’une représentation.


LE TARTUFFE (1669)
La première version de la pièce paraît en 1664, elle est immédiatement interdite. C’est la troisième, celle de 1669, que nous connaissons. Molière s’y livre à une dénonciation sévère de l’hypocrisie religieuse, qui fut perçue comme une dangereuse critique de la religion.



EXPLICATION:


Introduction :
La scène est la 1ère apparition de Tartuffe. Tartuffe divise la famille en deux, il faut donc montrer ce qu’il est, c’est-à-dire un faux dévot, c’est le défi de Molière. Opposition entre Tartuffe l’hypocrite et Dorine la servante, qui précède l’entrevue d’Elmire et de Tartuffe.


I L’hypocrite supérieur à la servante

a) Supériorité au niveau social
Tartuffe parle à l’impératif à son valet Laurent (« serrez ma haire », « priez ») puis à Dorine, alors qu’elle n’est pas sa servante (« prenez-moi », « Couvrez », « Mettez »)
ð relation maître et valet.
Tartuffe a conquis son statut de maître grâce à Oronte. Image de supériorité sociale par son langage : vocabulaire soutenu et religieux.
b) Supériorité au niveau religieux, de « droit divin »
Langage de Tartuffe => extrêmement familier avec le domaine de la prière « priez que toujours le Ciel vous illumine. », « Ah ! mon Dieu », il est à la limite du blasphème
ð image de dévot.
Tartuffe veut montrer qu’il est un homme pieux, austère : l’auteur fait comprendre au lecteur par la didascalie « apercevant Dorine » dès son entrée en scène que ce n’est qu’une apparence.
Image de piété par son souci des « âmes »(v.9) : Tartuffe met en pratique les règles qu’il formule, il pratique la charité (l’aumône aux prisonniers : Œuvres de Miséricorde), allitération en « v » => caricature d’un langage religieux susurré. Tartuffe est le dévot => type social
Tartuffe se donne le droit de faire la morale (v.9-10 : de généralités, il fait des lois morales => le faux dévot s’érige en censeur) parce qu’il se fait pénitence (« haire », « discipline »), il se donne un pouvoir.
ð Danger


III Tartuffe a des failles

a) La supériorité de Tartuffe laisse voir des faiblesses
On observe un décalage entre l’image de l’homme pieux qu’il veut donner et certains éléments :
1) la précipitation à imposer le mouchoir à Dorine « Ah ! mon Dieu » (v.7), « Avant que »(v.8), « je ne saurais pas »=je ne veux pas => atténuation par l’emploi du conditionnel.
ð La remarque de Tartuffe permet de souligner le contraste entre la fausse pudeur et la tentation de la chaire : c’est le regard qui fait la culpabilité, donc c’est Tartuffe qui est coupable.
2) la précipitation à voir Elmire n’est pas propre à la patience du dévot : « Hélas ! très volontiers. » soupir de pêcheur.
Contraste également avec sa brutalité : « Que voulez-vous ? » (v.6-18), mise en valeur du « moi »(v.8) dans ses répliques => il est un personnage impulsif.

b) Dorine
1) servante d’Elmire : elle a donc un langage très simple (v.24)
2) Elle ridiculise Tartuffe car elle maîtrise la situation :
- Par sa santé : réaction saine et rapide : « donc » => vivacité ; vocabulaire religieux et soutenu => elle se met au même niveau que Tartuffe
v.13-16 : elle se met sur le plan physiologique.
- Par son bon sens : qualité du raisonnement (connecteurs logiques dans son argumentation des vers 11 à 16), remarques apartés (v.24) : Dorine a percé Tartuffe au jour.
Ironie : Dorine se moque de lui constamment parce que c’est lui qui est coupable, elle feint de céder « non, non », mais par la phrase « c’est moi qui… » on se rend compte que c’est elle qui domine.


Conclusion
Tartuffe est un personnage contradictoire : il parle en dévot et en maître, mais Dorine le démasque : comique de situation. Dès sa première apparition, Tartuffe est confondu par la servante <= Molière est un auteur classique, c’est un art de litote selon André Gide.
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