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Aide au Bac de Français




ZADIG ou LA DESTINEE (1747)
Voltaire (1694-1778)


Le conte Zadig a été écrit pour la Duchesse du Maine. Voltaire en a fait un divertissement mais il y met en question la philosophie.
La destinée de Zadig ressemble à celle de Voltaire. En fait, l’auteur transpose dans Zadig ses mésaventures à la cour.
Le jeune babylonien Zadig, talentueux et raisonnable, devient ministre et réussit fort bien, c’est pourquoi il attise les jalousies. Il est exilé et connaît le malheur avant de revenir triomphant à Babylone. La fiction narrative permet à la verve de l’auteur de se donner libre cours, grâce à un déguisement oriental de fantaisie qui autorise toutes les insolences.




EXPLICATION :


LE SOUPER
Zadig a connu un certain nombre de mésaventures. Son maître, Sétoc, se rendant compte de sa sagesse, devient son ami. Ils se rendent à la foire de Balzora. Zadig rencontre des commerçants d’origines diverses et soupe avec certains d’entre eux.
+ lecture : ce chapitre permet à Voltaire de dénoncer le fanatisme religieux en faisant s’affronter des personnages qui font preuve de fermeture d’esprit.
+ plan : intro(1-7)/ ton  entre Egyptien, Indien et Chaldéen, revendication ancienneté (7-64)/ Chinois :pause dans affrontement(65-76)/ Grec relance conflit, max avec Celte (77-94)/ Zadig prend la parole et met tt le monde d’accord (94-117)


I Situation qui invite à la discussion

a) Cadre
- Balzora(=Bassora sur route des caravanes, décor vrai), orient fait d’images d’Epinal
- « grande famille »(6-7) : tous les hommes sont des frères donc devraient s’entendre « diverses contrées »(l.5), « l’univers »(l.6) : origine disparate des personnages
=> monde disparate mais il faut s’en accommoder : arabe langue commune (l.11-12) - souper où des hommes du monde entier confrontent leurs croyances => situation sociale favorable au débat philosophique, à l’échange des idées, comme le pensent les philosophes des Lumières, amateur de conversations de salon et de cénacle.

b) choix des personnages
Voltaire représente ici les plus grandes civilisations :
- classique(tous admirent civilisations antiques=sagesse) : Egyptien, Chaldéen, Grec
- orientales (exotisme et les épices) : Indien gangaride, un habitant du Cathay (Chine orientale et septentrionale), de Cambalu (Pékin) plus précisément
- occidentales (ancêtre ethniquement le plus proche du lecteur) : Celte, descendant des envahisseurs barbares, les Scythes, qui est sans doute un Gaulois).


II Intolérance

a) faite d’éléments objectifs
Voltaire présente coutumes (=intolérance) de chacun de manière caricaturale. Il montre comment chacun réagit face à des opinions différentes :
- l’Egyptien : on lui a refusé d’acheter la momie de sa tante dont il vante les qualités morales (alors qu’elle est peut-être sa concubine, sous-entendu licencieuse)
=> colère (l.13) car pas concevable dans son pays où vendre momie d’1 personne qui vient de mourir est une coutume (l.20), pas état habituel=>empêche de raisonner
- coutume de l’Indien : la métempsycose (réincarnation) l.27-28 il critique l’Egyptien => affrontement entre les 2 : conclusion de l’Egyptien : « Qu’a donc fait votre Brama de si beau ? » => « lire et écrire » ≠ « jeu des échecs » : aucun rapport => Voltaire se moque des 2 hommes
- Chaldéen : contrairement aux 2 précédents, pas agressif pour mieux séduire les conviés, veut même leur offrir un portrait d’Oannès => convertisseur
- Chinois : modèle de sagesse, emploie la négation : concession = politesse (litote) il se montre en apparence respectueux envers les opinions des autres
- le Grec prend violemment la parole, contrastant avec le Chinois, et insulte ses interlocuteurs (l.77 : « Vous êtes de grands ignorants ») => fermeture d’esprit
- Celte : semblable à ses ancêtres, c’est un barbare : il coupe la parole (l.81) et est ivre (il a bu pendant la discussion, alors qu’il aurait pu écouter par politesse comme Zadig), il jure (l.83), menace d’une bagarre ceux qui ne pensent pas comme lui.

b) faite d’éléments subjectifs
Les hommes sont attachés à leurs préjugés :
● affirmation d’opinions particulières :
- Indien : l.30 : pst de vérité => règle, «c’est lui qui a appris aux hommes» (l.45)
- Chaldéen : vénère un poisson, Oannès, se fonde sur un argument de valeur (l.50).
affirmation d’opinions particulières qui sont des images sans valeur, des superstitions : pst de l’indicatif => sectaire, fanatique (mépris des autres)
- Grec : théorie qui veut que le chaos soit à l’origine de tout (l.78-80), mais ses propos sont incompréhensibles (l.81)
- Celte : affirmations, imparfait, adverbes (l.84-92) => veut imposer respect envers ses ancêtres = des barbares cannibales (devoir : l.90) et vénération du gui de chêne
● Chacun tente de persuader les autres de sa supériorité (superlatifs) => mépris.
- Egyptien : superlatifs (l.14, 17, 19)
- Indien : l.39 « assurément » revendique son ancienneté
- Chaldéen : « vos folies »=> mépris, impératif => ordres : se donne supériorité sur les autres et lui aussi revendique l’ancienneté de son pays
- Chinois : il méprise ceux qui l’entourent mais ne le montre pas : il fait preuve de sagesse, de modération (concessions), il prétend respecter les religions des autres mais en fait, il pense que la sienne est la seule qui se vaille (l.69 : litote)
- Grec : insulte les autres (l.77), mépris (« vous ne savez pas ») => se croit plus savant que les autres par ses origines respectables.
- Celte : lui n’argumente pas, il affirme la supériorité de son Dieu=> le Celte est le pire des personnes présentes : c’est voulu par Voltaire qui le rend ridicule
è Voltaire montre le caractère relatif des croyances en les montrant toutes identiques. Seul le nom de Dieu change car la langue change.


III Voix de Voltaire

a)Dépréciation des représentants des civilisation
Chacun des convives revendique son ancienneté sur les autres : pour Voltaire, ancienneté ne signifie rien.
Le personnage qu’il ridiculise le plus est le celte : c’est l’ancêtre des français, c’est pour l’auteur une manière de se moquer de la France.

b) déisme
La voix de Voltaire se fait entendre au travers de Zadig. Celui-ci, pour faire stopper les affrontements, met à jour le fait que ce que chacun veut imposer aux autres est la même chose, c’est-à-dire, l’existence d’un Être suprême unique qui est le fondateur du monde, ce qui diffère est uniquement son nom : Voltaire défend dans cet extrait le déisme comme religion universelle.



Conclusion

Leçon de bonheur, de conduite en société. Zadig se tait durant tout le souper et ne prend la parole que pour se faire le pacificateur : tous admirent sa sagesse.
ð dénonciation de l’intolérance
Voltaire dans ce chapitre se livre à la valorisation de sa religion, le déisme, qui représente pour lui la tolérance, donc une avancée vers le bonheur.

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