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La drave : un dur métier
i l'été était consacré aux travaux des champs, l'arrivée de l'automne sonnait le grand départ pour les chantiers forestiers, communément appelé camps de bûcherons. Ces célèbres camps étaient à mille années-lumière de l'image mythique et quelque peu naïve que l'on s'en fait de nos jours. Entassés dans des cabanes mal isolées, dormant sur des couches de branches de sapin et envahis par la vermine, les hommes devaient supporter des conditions de vie éprouvantes, ne reculant devant aucun sacrifice pour accomplir leurs dures tâches. La nourriture se composait presque exclusivement de fèves au lard, de soupe au pois, de gruau et de galettes de Sarrasin. Il arrivait parfois qu'une bête de somme se blesse et soit abattue, ce qui fournissait quelques repas de viande fraîche pour les travailleurs.
La drave La drave La drave La drave 
Photo :
A.T.O.

La drave La drave La drave
La drave La drave La drave
Les journées d'hiver s'écoulaient au rythme des scies et des haches qui peinaient pour abattre les essences privilégiées par l'industrie du bois d'oeuvre. Lorsque le printemps amenait la fonte des neiges et le ''callage des rivières'', les bûcherons mettaient à l'eau les billots de bois, appelés aussi pitounes, pour les diriger vers les scieries. Les hommes aménageaient ruisseaux et rivières pour permettre la descente du bois par flottage lors des crues annuelles dues à la fonte des neiges. De redoutables chutes pouvaient abîmer les bois qui se fracassaient sur les rochers. Pour les franchir sans dommage, des glissoirs  furent aménagés. Aux Chutes Coulonge à Fort-Coulonge, nous pouvons encore observer de nos jours des glissoirs à billots.

Commençait alors la seconde partie du travail des bûcherons : la drave, forme francisée de drive, diriger en anglais. C'est surtout aux draveurs que nous devons les images populaires de cette époque. Les draveurs veillaient au bon acheminement du bois de flottage ; ils marchaient, courraient et sautaient d'un billot à l'autre pour dépêtrer à la gaffe les embâcles qui se formaient ici et là. Il arrivait fréquemment que des draveurs soient victimes d'accidents terribles. A la triste faveur d'un faux pas, un draveur pouvait glisser, tomber entre les billes de bois qui, dans le meilleur des cas, broyaient un membre et, dans les cas les plus graves, se refermaient au-dessus de lui, l'emprisonnant sous un implacable plafond ligneux qui le condamnait à une mort affreuse.

Dès que les billots arrivaient sur les grandes rivières, ils étaient assemblés en radeaux appelés cages, pour éviter qu'ils ne se dispersent et ne s'échouent. Lorsque les rapides risquaient de bloquer les cages, les radeaux étaient démontés et les billots franchissaient les rapides pour être ensuite rassemblés en radeau à l'aval. Pour franchir les plus gros sauts de la rivière des Outaouais, de gros travaux de terrassement furent accomplis et des glissoirs à radeaux furent aménagés. Les pins blancs de l'Outaouais ont été utilisés pour construire les villes de Boston, New York et Chicago. La navigation des bateaux à vapeur, puis le chemin de fer ont amené la disparition progressive de la drave, puis du flottage du bois et des draveurs.

Des figures de légende, tel Joseph Favre, alias Jos Montferrand, ont marqué leur époque. Né à Montréal en 1802, il partit pour l'Outaouais en 1823 où il travailla comme bûcheron, draveur et contremaître pour la Compagnie de la Baie d'Hudson. Sa gentillesse, sa prestance, son agilité et sa force herculéenne le firent entrer dans l'histoire de l'Outaouais, générant légendes et chansons sur ses exploits. La Société canadienne des postes lui a consacré un timbre en 1992.

De nombreuses légendes sont nées de l'épopée du bois et la Chasse-Galerie s'en fait l'écho.

La pitoune
e terme, typiquement québécois et originaire de la Mauricie, désigne les billots de bois de quatre pieds de longueur qui descendaient des chantiers forestiers par voie fluviale. D'une origine incertaine, la tradition populaire veut que le terme soit une mauvaise traduction d'une expression anglaise accolée à tort au bois de flottage. L'arrivée du printemps signifiait l'arrêt des travaux de chantier et le retour vers la maison après des mois d'absence. Les contremaîtres lançaient alors leurs cris de ralliement, repris en cœur par les draveurs : " We're going to happy town ! " Or, les riverains qui les voyaient descendre en chevauchant les billots de bois crurent que le cri scandé par les hommes concernait les billots eux-mêmes. C'est donc ainsi que les mots happy town seraient devenus pitoune pour désigner le bois de flottage.
Les embâcles
a drave et les embâcles sont les deux principaux souvenirs de l'histoire du bois de flottage. Les embâcles se formaient plus ou moins souvent au détour des méandres d'un cours d'eau ou à cause d'une baisse du tirant d'eau et de la vélocité moindre du courant. Il fallait donc défaire au plus tôt ces embâcles qui paralysaient le flottage du bois, ainsi que toute navigation. La méthode la plus rapide consistait à dynamiter l'embâcle pour la réduire. Mais le procédé était dangereux pour les hommes - quelques-uns sont partis en morceaux avec les embâcles ! - en plus d'abîmer la marchandise. L'usage des explosifs n'était donc conseillé que si l'embâcle ne pouvait être défaite à bras d'homme. Dans la plupart des cas, les draveurs devaient s'avancer sur les embâcles et travailler d'arrache-pied pour briser la cohésion des billots inextricablement empêtrés. Généralement, l'embâcle cédait si vite que les draveurs ne disposaient que de quelques instants pour se mettre à l'abri. Si les briseurs d'embâcles constituaient une aristocratie chez les draveurs, il s'agissait en revanche de la pire terreur des épouses qui voyaient parfois revenir leur mari noyé et broyé au point d'en être méconnaissable... quand la rivière voulait bien rendre les corps.
La Chasse-Galerie
a Chasse-Galerie rejoint par le conte et la légende l'univers typique des bûcherons et des draveurs. Puisque les hommes devaient monter au chantier à l'automne  et ne pouvaient en redescendre qu'au printemps, cela signifiait qu'ils devaient " passer Noël au camp ".  Or, rien n'était plus triste pour ces hommes que de savoir que la fête battait son plein partout et qu'ils en étaient privés. C'est alors qu'on raconte que certains bûcherons passaient un pacte avec le diable pour aller fêter Noël avec " les créatures ",  les femmes de mœurs légères ; " celles qui sont pas farouches ".  Le diable prêtait alors aux bûcherons esseulés un canot magique qui avait la propriété de se déplacer à une vitesse foudroyante en naviguant sur le vent, bien au-dessus des terres. Mais cette générosité s'accompagnait de trois conditions incontournables. Tout d'abord, les hommes devaient éviter de toucher le clocher d'une église, ce qui annulerait le sort et les précipiterait au sol. En second lieu, ils devaient être de retour avant les premières lueurs de l'aube, sans quoi le canot disparaîtrait et les hommes tomberaient du haut du ciel. Enfin, troisième et dernière condition, la plus difficile à respecter pour les bûcherons : ils ne devaient pas '' sacrer '', car le canot verserait pour les éjecter. Quelle épreuve pour ces pauvres hommes qui ne pouvaient placer plus de trois mots sans sacrer ! Les contes de la Chasse-Galerie sont très riches en récits de canots volants et quelques anciens peuvent encore vous en parler. Certains jurent même, avec toutes les apparences de l'honnêteté, qu'ils en ont vus traverser le ciel, voire qu'ils en ont eux-mêmes conduits. Bien malin est celui qui peut faire la part du vrai et du faux...

La Chasse-Galerie est un univers fourmillant de contes et de légendes, et une telle source d'informations sur la vie d'autrefois, qu'il n'est pas surprenant que les bibliothèques québécoises soient si fournies en recueils de contes de la Chasse-Galerie ou en études historiques. Nous ne saurions trop vous en recommander la découverte !

Les contes et légendes populaires des Canadiens-français sont regroupés en plusieurs thèmes dont le plus célèbre est la Chasse-Galerie. Son origine se situe en Bretagne avec les chasses de Galery le Maudit. Ce dernier, un roi païen qui aurait vécu au VIe siècle de notre ère, aurait livré une lutte acharnée et violente contre le Christianisme. Après sa mort, il fut inévitablement damné et jeté en Enfer pour continuer à y servir son maître. Or, la tradition veut que Lucifer autorisait parfois son champion du blasphème à revenir dans notre monde entre le lever et le coucher de la lune. Il parcourait alors le ciel avec une armée de morts réanimés, de loups-garous et autres créatures démoniaques pour s'abattre sur ceux qu'ils surprenaient hors de leur demeure. S'il s'agissait d'un païen ou d'un pécheur non absous par la confession, Lucifer s'enrichissait de quelques âmes facilement gagnées. S'il s'agissait de chrétiens en état de grâce, Satan privait Dieu de fidèles serviteurs. Dans tous les cas, l'Enfer y trouvait son compte ! La tradition tient même pour vrai que les roi François 1er et Henry IV auraient surpris le Grand Veneur (titre de celui qui dirigeait la chasse maudite) et sa horde démoniaque en pleine action. Ces chasses portaient plusieurs noms : la Grande Vénerie, les Chasses nocturnes, les Chasses maudites, les Chasses démoniaques ou les Chasses de Galery le Maudit. C'est cette dernière dénomination qui a été retenue par les conteurs québécois, quoique légèrement modifiée.

La Chasse-Galerie était autant une source de distractions pour les auditoires des conteurs que des moyens de propagande pour les hommes d'Église qui se servaient de ces contes pour frapper l'imagination, voire terroriser la population afin de la maintenir dans la ligne de conduite prescrite par la morale de l'époque. A la différence des contes bretons, la Chasse-Galerie confère au diable le rôle de personnage principal. Qu'il s'agisse de punir les danseurs, qui étaient vus comme des pécheurs par l'Église, des blasphémateurs ou des impénitents, c'est toujours Satan qui se manifeste directement sous une forme ou sous une autre. Il faut cependant spécifier que dans la majorité des cas, il se présente sous la forme d'un bel homme à la voix charmeuse, chanteur émérite, danseur accompli et séducteur irrésistible. On ne compte plus ses victimes, tant il s'est acharné sur les malheureux qui se sont laissés berner. Et c'est sans compter les hommes transformés en loups-garous pour avoir négligé leurs pâques pendant sept ans, les canots volants qui ont précipité leurs occupants du haut du ciel, les sorciers et sorcières à la vengeance implacable, etc.

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Dernière mise à jour :  le 28 June 1999