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Proposition d'une notation standard
pour l'accordéon diatonique
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Carles Belda, Josep Maria Mayol, Cati Plana, Daniel Violant



Présentation: pourquoi une notation standard est-elle nécessaire?

Depuis qu’il arriva en Catalogne au XIXème siècle, l’accordéon diatonique s’est rapidement répandu dans le domaine de notre musique populaire, surtout utilisé pour interpréter un répertoire de bal. Avec le temps et pour des raisons liées à l’évolution des goûts et des tendances musicales, l’espace de l’accordéon diatonique a été progressivement occupé par d’autres instruments de la même famille —comme l’accordéon chromatique— ou par des ensembles orchestraux. A l’opposé de l’essor qu’avait connu antérieurement l’accordéon diatonique, il tombe dans un oubli presque complet. Il ne reste que quelques interprètes isolés —et pas seulement en milieu rural— qui ont continué à le jouer jusqu’à nos jours.

Mais durant ces vingt dernières années, le travail de plusieurs personnes ou associations ont contribué à revivifier l’intérêt collectif pour l’accordéon diatonique, que ce soit en faisant connaître ces accordéonistes qui continuaient encore à le jouer —ce que fit l’association Arsèguel i els acordionistes del Pirineu (Arsèguel et les accordéonistes des Pyrénées), avec en tête Artur Blasco— ou bien en incitant l’apprentissage de l’instrument. —Francesc Marimon en fut pionier—. La tâche des interprètes fut également importante, car, en ayant adopté l’accordéon diatonique comme instrument, ils ont permis qu’il soit reécouté de manière habituelle dans plusieurs cadres liés à la musique traditionnelle et populaire.

Depuis lors, ce processus de récupération n’a pas été freiné. L’accordéon diatonique est de plus en plus présent dans la musique de notre pays; il apparait même dans des situations parfois éloignées à la musique traditionnelle et populaire. En ce qui concerne l’enseignement de l’instrument, il y a déjà plusieurs centres qui en offrent des cours —certains reçoivent un support institutionnel—. En plus, si nous considérons le nombre d’interprètes comme symptôme de vitalité, il est certain que l’accordéon diatonique vit aujourd’hui une situation bien meilleure que celle d’il y a seulement quelques décennies.

Malgré tout cela, il convient de reconnaître qu’il reste encore des manques à suppléer si nous voulons que l’accordéon diatonique arrive à assurer la même "normalité" qu’ont d’autres instruments de musique. Un exemple trop bien connu par les accordéonistes est le fait que les partitions destinées à cet instrument —autant celles écrites en Catalogne comme les étrangères— n’utilisent pas un système de notation musicale unifié. Au contraire, chaque accordéoniste utilise l’écriture qui lui semble la plus adéquate, que ce soit en inventant une nouvelle, ou bien en utilisant divers éléments extraits de plusieurs endroits. Le résultat de tout cela est la situation actuelle où coexistent plusieurs graphies musicales qui oscillent entre la notation en portée et celle en tablature.

Cette diversité de notations ne présente pas une difficulté insurmontable puisque n’importe quel accordéoniste avec un peu d’expérience peut arriver à interpréter des partitions écrites dans n’importe lequel de ces systèmes. Mais il est tout de même vrai que ceci l’entraîne, dans une plus ou moins grande mesure, à fournir un effort supplémentaire qu’il pourrait éviter s’il existait une notaion commune pour tous les accordéonistes. Il est évident que ceci faciliterait le travail dans la plupart des situations liées à l’activité musicale. Celui qui apprend à jouer, par exemple, n’aurait pas besoin de perdre du temps pour déchiffrer des styles d’écriture qu’il méconnait. Et les accordéonistes qui dominent déjà l’instrument se sentiraient beaucoup plus à l’aise dans l’exécution de toutes les tâches liées à leur activité —chercher un nouveau répertoire, en faire les arrangements, l’étudier, bien le jouer, improviser, lire, échanger des partitions, transcrire des enregistrements, composer de nouveaux morceaux, enseigner... Comme tout ceci est déjà compliqué en soi, il conviendrait de chercher la manière de ne pas rendre le tout encore plus compliqué pour des raisons de graphie—. Il semble donc évident que ce serait judicieux de disposer d’un système standard de notation pour les partitions dirigées à l’accordéon diatonique.

Pour être utilisateurs de l’instrument dans plusieurs domaines, nous aussi avons dû affronter ce problème. C’est pour cela que nous avons eu l’idée d’élaborer une proposition de notation unifiée qui pourrait être adoptée comme écriture standard et utilisée par n’importe quel accordéoniste qui le désire. En premier lieu, nous avons pensé sur les conditions que devrait présenter une notation pour un instrument comme le nôtre. Ensuite, nous avons essayé de trouver la méthode d’écriture la plus adéquate à ces conditions; pour cela, nous nous sommes basés sur les systèmes déjà existants ou nous en avons inventés des nouveaux si nous ne trouvions pas de solution convaincante.

Le résultat de cette recherche est la proposition que nous vous présentons maintenant, provisoire et en qualité de document de travail. Nous désirons vous demander votre opinion sur la graphie que nous proposons, à tous ceux qui dans l’avenir pourraient s’en servir, accordéonistes ou personnes intéressées par l’instrument. C’est pour cela que nous vous prions de bien vouloir nous envoyer vos commentaires, vos critiques et vos suggestions le plus tôt possible à une de ces adresses:

Cati Plana Cerdà
c/. Sicília 408, 2n. 1a
08025 Barcelona
Daniel Violant Holz
c/. St. Antoni M. Claret 181, SAt 2a.
08041 Barcelona
Josep Maria Mayol i Puentes
olga@conexis.es
(sujet: "Notation)

Une fois reçues et examinées toute les apportations, nous élaborerons une proposition définitive et nous essayerons d’en donner la plus grande diffusion.

Avant de terminer, il faut remarquer que le fait d’adopter une notation quelque peu différente —ou peut-être très différente— de celle que chacun utilise représente pour tous un changement d’habitude de lecture et d’écriture. En fait, nous même avons dû affronter cette situation quand nous avons commencé à utiliser la notation standard pour la mettre à l’épreuve, et donc à abandonner celle que chacun d’entre nous faisait servir. Mais une fois passé le temps nécessaire pour s’y habituer, et voyant comment cela solutionnait nos problèmes, nous croyons que cela vaut vraiment la peine d’essayer de s’y adapter. L’effort que le changement peut coûter à chacun de nous sera récompensé par les avantages dont tous pourront bénéficier. Alors, nous aurons avancé un pas de plus vers la "normalité" de l’accordéon diatonique à l’intérieur de notre panorama musical.

Nous vous remercions pour votre attention et attendons avec le plus grand intérêt toutes les apportations dont vous voudrez bien nous faire part.

Carles Belda, Josep Maria Mayol, Cati Plana, Daniel Violant.

Barcelona/Sabadell, le 12 mars 1998